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"nouvellesociologie" est un blog pour étudiants et chercheurs en sciences sociales et humaines.il traite non seulement des informations socio-politiques,des sujets de recherches en sociologie,anthropologie,philosophie mais aussi,analyse des points vues et courants de pensées des auteurs de ces différentes disciplines scientifiques.en bref il s'agit d'une patte forme d'expression pour ceux qui se retrouvent.

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Note de lecture de Les sociologies contemporaines DE PIERRE ANSART

 

            Les débats sociologiques  contemporains dans leur fondement ont essayé de rendre compte, d’analyser et d’interpréter les conditions sociales  à l’ordre du jour dans les sociétés modernes. Ainsi présentant la société moderne comme une société  ambivalente, celle  du progrès et de la dégradation, de la liberté et de l’aliénation, de l’intégration et de l’exclusion, c’est aussi une société épistémologiquement en  crise ; il s’agit pour les auteurs de comprendre les grandes tendances sociologiques dominant de cette époque. PIERRE ANSART est  l’un des premiers de ces auteurs à mener une telle  réflexion dans son ouvrage les sociologies contemporaines, Point-Seuil 1990.En effet, à travers une approche socio-historique, l’ouvrage de pierre ansart essaye de faire le point sur la sociologie française d’après les deux guerres jusqu'à nos jours. Ainsi  rappelant d’un point de vue dualiste les travaux respectifs de Alexis Tocqueville et max weber (individualisme méthodologique) d’un coté  et de Marx et Durkheim (système sociaux) de l’autre, Pierre Ansard s’interroge sur la domination presque sans partage du structuralisme entre les années 1950 et 1960. Il part  d’emblée du constat selon lequel le reflux du structuralisme  à la fin des  années soixante a donné naissance a quatre courants  théoriques a l’instar du structuralisme génétique, de la sociologie dynamique, de l’approche fonctionnaliste et stratégique  et de l’actionnisme. Après avoir ainsi  présenté les caractéristiques générales de ces quatre tendances, l’auteur analyse leur appréhension de la réalité sociale a travers  trois problèmes  généraux a savoir les  conflits, le symbolique et la portée téléologique du sociologue. Ce travail est condensé en quatre grandes parties dans l’ouvrage de pierre Ansart et fera ainsi l’objet d’une étude minutieuse.

 

I-                 PREMIERE PARTIE : Structuralisme génétique, Sociologie dynamique, approche fonctionnaliste et stratégique, actionnisme : quatre courant théoriques, une  tradition.

 

Dans  cette partie l’auteur  montre que le structuralisme trouve son origine dans la crise de la représentation qui traverse le monde des arts à la fin du XIXème siècle. Il est l’aboutissement d’un bouleversement des idées qui s’impose à l’ensemble des sciences sociales et de la philosophie et que l’on peut décrire comme le passage d’une philosophie de la conscience à une philosophie du langage, ou encore comme le « tournant linguistique » de la pensée occidentale. Sur un plan plus général, la  conception structuraliste  conduit à la mise à l'écart de toute idée de sujet, d'acteur ou d'individu. La liberté individuelle n'est qu'une illusion nécessaire au fonctionnement des structures sociales, à leur reproduction. Ce sont les structures qui soumettent l'individu et le sujet humain en même temps qu'ils permettent son existence. Pour le philosophe Michel Foucault, il s'agit d'un véritable renversement de la pensée sociale. "Le point de rupture s'est situé le jour où Lévi-Strauss pour les sociétés et Lacan pour l'inconscient  ont montré que le sens n'était probablement qu'une sorte d'effet de surface, un miroitement, une écume, et que ce qui nous traversait profondément, ce qui était avant nous, ce qui nous soutenait dans le temps et l'espace, c'était le système. Des lors, le structuralisme s'est divisé en deux grandes tendances. Une première tendance a considéré qu'il s'agissait là d'une invitation à approfondir la raison scientifique, à se méfier encore plus des évidences et du sens commun et d'être beaucoup plus exigeant sur le plan de l'objectivité scientifique. Une deuxième tendance, plus radicale, a considéré que la raison scientifique n'était qu'un discours parmi d'autres et qu'il fallait aussi le déconstruire. De ces tendances sont ainsi né le structuralisme génétique, la sociologie dynamique, l’approche fonctionnaliste et stratégique  ainsi que l’actionnisme.

  

1-le structuralisme génétique  chez Pierre Bourdieu

 

  Au structuralisme originelle, Pierre Bourdieu emprunte deux grandes idées : une certaine conception de la science et de la sociologie ; une certaine conception de la vie sociale, définie par des structures objectives. L'objectif de P. Bourdieu est de faire une sociologie qui soit réellement scientifique, débarrassée de l'idéologie et des illusions du sens commun. Pour être scientifique, la sociologie doit être à même de produire de l'objectivité et d'avoir une vue objective de la réalité sociale. Mais le sociologue a une vision obscurcie par le fait qu'il est lui-même partie prenante de cette réalité sociale et d'une histoire particulière. Il doit construire une position d'objectivité par la neutralisation de sa propre position sociale. Il doit selon Pierre Bourdieu objectiver. Autrement dit, le sociologue doit être capable de s'auto analyser et notamment de repérer ce qu'il doit, dans sa perception, à ses appartenances de classe, à son héritage social et culturel ou à sa position sociale. Le sociologue doit commencer par faire la sociologie de son rapport à la société, la sociologie de la sociologie. Le structuralisme génétique de Bourdieu se fonde sur  deux affirmations complémentaires : La position objectiviste qui consiste à écarter de l'analyse, le fait que les réalités sociales soient aussi un objet de connaissance et de méconnaissance de la part des agents sociaux el la position  subjectiviste qui  consiste à réduire le monde social aux représentations des agents et à la

Connaissance qu'ils en ont. C’est dans ce sens que, s’appuyant sur les travaux de Marx en termes d’analyse des classes, de weber  pour la prise en compte de l’autonomie du symbolique et de Durkheim  dans son analyses en terme de système, Bourdieu  parvient a rendre compte de   la reproduction sociale par l'influence de l'habitus sur la pratique individuelle et par le rôle de l'école. Selon lui la domination de la classe est effective et s’impose dans le domaine du symbolique.

 

2- la sociologie dynamique

 

     Cherchant à échapper a la désormais traditionnelle opposition  individu /société, certains sociologues vont renouer avec une tradition sociologique qui s’intéressent aux devenir des sociétés, a leur changement.  Il s’agit pour pierre Ansart dans cette partie de mettre en exergue les travaux les plus significatifs de George Balandier et d’Alain Touraine qui sont considérés comme  des figures  de proue de ce courant. Tandis que pour Balandier, il faut comprendre des effets de la décolonisation sur les "sociétés traditionnelles" et d'une manière générale sur les processus de changement dus à des facteurs exogène, pour Touraine il s’agit de comprendre a partir du principe racontabilité, comment une société se produit elle-même ou encore sa capacité à agir sur elle-même. En effet, en tant anthropologue, Balandier a observé les mutations que connaissent les états africains et leur évolution dans le temps  pour montrer  au delà de toute attente et de toute considération que les sociétés africaines sont elles aussi, dynamique. En ce qui concerne Touraine, s’opposant à Marx (au facteur dominant) et complétant weber (sens visé par l’acteur), il considère la réalité sociale comme un ensemble de système d’actes dans lequel la notion de travail devient le fondement des concepts de sujet historique. L'analyse des conflits et des mouvements sociaux constitue le fondement de sa démarche.

 

 

 

3- l’approche fonctionnaliste et stratégique

 

     Représenté  par Michel Crozier, l’approche fonctionnaliste stratégique fonde son analyse sur  les organisations. Pour Michel Crozier, l’étude des organisations ne représente pas un secteur particulier de la sociologie mais le point central  permettant d’expliquer le système social. En tant que sociologue, Crozier ne s’intéresse pas aux structures en tant que telles mais au fonctionnement des organisations, ce qui l’amène a une démarche en partie fonctionnelle et surtout à étudier la stratégie des acteurs au sein des organisations. Deux éléments important sont à noter dans sa démarche selon ANSART : l’omniprésence du phénomène  pouvoir dans les organisations  et les dimensions affectives responsables du choix  des acteurs.  Cet  analyse du pouvoir   au sein des organisations  dans une perspective interactionniste et retenant une hypothèse de rationalité limitée des agents  lui permet de développer une explication du changement dans les organisations et, plus généralement, dans le système social.

 

4-l’individualisme méthodologique

 

     Inspirée des travaux de vilfredo Pareto, de weber et d’Alexis Tocqueville, l’actionnisme autrefois appelé individualisme méthodologique fait de l’individu un être rationnel ; il  est représenté par Raymond Boudon. Pour lui le principe d’individualisme méthodologique énonce que pour expliquer un phénomène social quelconque il est indispensable de  reconstruire les motivations des individus concernés par le phénomène en question et d’appréhender  ce phénomène comme le résultat de l’agrégation de comportement individuels dictés par ces motivations. Selon Ansart cette hypothèse est largement utilisée par les économistes.

 

II-              DEUXIEME PARTIE ; comment comprendre la notion de conflit a partir du Structuralisme génétique, la Sociologie dynamique, l’approche fonctionnaliste et stratégique et l’individualisme méthodologique

 

   Une approche sociologique du conflit est inséparable d'une option psychologique, philosophique, sociale générale. Il faudrait être légèrement niais pour concevoir l'approche sociologique du conflit d'un auteur en pensant qu'il l'aborde selon une option froide, objective, à la manière d'une science exacte. Et même s'il se met à écrire qu'il cherche par son étude à rapprocher les sciences sociales des sciences de la nature, son approche signe déjà sa préférence, disons-le, politico-sociale, sa position dans la société, selon qu'il considère l'individu ou la société comme la source du conflit, suivant qu'il pense le conflit comme normal ou  pathologique, suivant encore qu'il possède une "tendance naturelle" à nier ou à minorer certaines formes de conflit, à amplifier et à majorer certains autres. L’œuvre de pierre Ansart met en évidence quatre façon d’analyser le phénomène  conflit a travers différentes  grilles de  lecture notamment structuraliste ici génétique en rapport avec pierre Bourdieu, dynamiste, individualiste méthodologique et fonctionnaliste stratégiques.

 

  1-Comprendre le conflit selon Bourdieu (structuralisme génétique)

 

Selon pierre Bourdieu, Chaque espace de la vie sociale est l'objet d'une compétition entre des groupes dominants qui en contrôlent les ressources matérielles et symboliques et des groupes dominés qui cherchent à s'en emparer. Tous les lieux de compétitions entre groupes sociaux traduisent, sur un plan spécifique, l'opposition fondamentale de groupes définis par leur inégal accès aux richesses produites. Les pratiques sociales et culturelles des individus sont produites à partir de l'expérience durable de leur position sociale et du « conditionnement » qui en résulte. C'est ainsi que s'opère l'ajustement entre les « probabilités objectives » inscrites dans la position sociale et les motivations ou espérances subjectives des individus. En termes simples, la socialisation des individus a pour fonction d'ajuster les agents sociaux à leur place dans la hiérarchie socio-économique et de reproduire la structure de classe de la société. De cette façon, la structure de pouvoir fondée sur l'économie peut se maintenir tout en donnant l'illusion qu'elle change et qu'elle évolue

 

2- le conflit selon Michel Crozier (approche fonctionnaliste et stratégique)

 

       S'intéressant surtout à la sociologie des organisations (industrielles, bureaucratiques), Michel CROZIER considère, lui, l'affaiblissement des relations interpersonnelles. Les conflits sont déterminés par la structure bureaucratique de l'organisation et les acteurs sociaux utilisent pour leurs propres objectifs, l'existence même des tensions induites par l'impersonnalisation des relations dans l'entreprise. Ils utilisent les zones d'incertitude du comportement de leurs collaborateurs proches ou lointains et manipulent leurs propres zones d'incertitudes dans une sorte de jeu collectif. Particulièrement, les acteurs cherchent à accroître leurs propres zones d'incertitude et à affaiblir celles de leurs collaborateurs. Une telle conception majore fortement la part d'activité des différents acteurs, possédant chacun leur système d'action, sans nier que les marges de liberté sont variables selon les acteurs et selon les organisations. Cela minore bien souvent l'intensité des conflits.

  

3- le conflit chez Alain Touraine et George Balandier (sociologie dynamique)

 

    Si Alain Touraine a tiré l’analyse des rapports de classes vers la formation de ce qu’il appelle le « sujet historique » et la façon dont une société est produite historiquement, un certain nombre de sociologues ont développé l’analyse des luttes de classes à l’intérieur de la structure sociale, ouvrant la voie à une sociologie non plus des mouvements sociaux mais du conflit que l’on retrouvera par exemple chez Randall Collins aux Etats-Unis ou John Rex en Grande-Bretagne et surtout Ralf Dahrendorf en Allemagne. Chez Touraine le conflit tient une place essentielle. Il y a dans toute société un "lieu" central des conflits (conflit sur la propriété du capital dans la société du 19è siècle par exemple) qui détermine un conflit entre deux "classes". Ainsi le mouvement ouvrier et le conflit autour de la propriété du capital ont été le phénomène essentiel de la société industrielle, mais, s'il y a toujours des grèves ouvrières, ce n'est plus le conflit central de la société post industrielle.  Touraine analyse l'émergence de "nouveaux mouvements sociaux" qui constitueraient le mouvement essentiel de la société actuelle.

      Chez Balandier la violence est fondatrice et il faut retrouver les processus cachés de la violence dans le cadre des sacrifices et des institutions. Dans les sociétés étudiées par Balandier les conflits premiers sont les conflits d'âge et de sexe.

 

4- comprendre le conflit chez Raymond Boudon  (individualisme méthodologique)

 

       Les comportements individuels constituent la source des conflits de tout genre. Et, dans les systèmes  d'interdépendance et d'interaction que constituent les sociétés, les conflits seraient autant de dysfonctionnements. L'agrégation des conduites des différents acteurs, dans un cadre donné (une usine, une administration, un Etat...), conduit à toute une série d'effets non désirés et pervers, parfois violents. L'analyse d'un conflit renvoie à l'analyse des motivations, des choix et des actions des acteurs. Selon Raymond BOUDON, la logique du conflit social, c'est la logique de l'interprétation des situations par les acteurs qui choisissent des degrés de coopération et de conflit souhaitable pour eux, en faisant référence à la théorie des jeux. 

 

 

III-          TROISIEME PARTRIE : comprendre le symbolique selon le Structuralisme génétique, la Sociologie dynamique, l’approche fonctionnaliste et stratégique et l’individualisme méthodologique 

 

 

 

1-le symbolique chez Bourdieu

 

- C'est un problème central chez Bourdieu puisque la lutte entre les classes se fait essentiellement dans le domaine symbolique.

 

2-le symbolique chez Michel Crozier     

  

      L'analyse du symbolique chez Crozier montre les limites du travail de P. Ansart. Chez Crozier la prise en compte du phénomène culturel est importante sous deux angles : la culture détermine en partie la capacité à mettre en œuvre une stratégie et à en assumer les conséquences. La culture des agents est donc un produit de l'interaction (on retrouve cette conception essentiellement dans "L'acteur et le système"). Dans "le phénomène bureaucratique", il envisage l'idée selon laquelle les traits spécifiques de la bureaucratie française (notamment la "peur" du face à face) seraient directement issus de la culture nationale. Certes l'image que les acteurs ont de leur organisation détermine en partie leur comportement et le modèle culturel est pris en compte, cependant le symbolique ne fait pas partie de la démarche analytique de Crozier, comme il l'indique lui même ("L'imaginaire c'est important, mais je ne m'en occupe pas." cf entretien avec M. Crozier dans Sciences Humaines n°7- Juin 1991). Tout dépend évidemment de ce qu'on met précisément derrière la notion de "symbolique".


3- le symbolique dans l’approche dynamiste

 

 

    Chez Balandier, l'imaginaire est, notamment par les mythes, l'expression des relations  sociales. Pour Touraine l'imaginaire est au centre du modèle culturel de la société (ensemble des objectifs dominant la société dans son ensemble). Le contrôle de ce modèle culturel fait partie des objectifs des mouvements sociaux.

  

 

 

 

4- le symbolique dans l’individualisme méthodologique

 

     Dans l'individualisme méthodologique, le "symbolisme" n'est pas pris comme une donnée mais se comprend à travers les interactions. Sous ce terme on envisage essentiellement ce qui constitue les croyances et représentations des acteurs. Elles sont indispensables si on veut comprendre le sens des actions (on peut retrouver la typologie des actions chez Weber) et la raison d'être des interactions (comme dans le cas des prédictions créatrices ou un résultat dépend en premier lieu de l'idée que les acteurs se font de la situation). De même les "idéologies" en général (et les modes de connaissance) ne peuvent être comprises que par rapport aux actions individuelles. Boudon récuse l'idée selon laquelle la connaissance dominante serait intimement liée à la structure sociale; pour lui elle ne détermine que les grandes directions prises par la pensée. Comment expliquer alors le développement d'idéologies et la permanence d'idées fausses? Cela ne peut se comprendre qu'à partir de l'individu : il peut ne voir qu'un aspect particulier de la réalité, cet aspect dépendant de sa position sociale (effet de position). Il peut être influencé par ses propres cadres de référence ou habitudes mentales (effet de disposition). Il peut enfin, par manque de compétence, souscrire à une idée simplement parce qu’il fait confiance à l'autorité qui l'exprime. Il n'est au demeurant pas nécessaire que cette autorité soit elle même compétente, elle peut avoir le même effet si elle justifie la position de l'acteur (effet de communication).

 

 

IV-          Quatrième  partie : la place du sociologue dans la société

 

Dans cette partie, pierre Ansart met en exergue différentes préoccupations qui ont suscité une attention particulière chez ces auteurs. Il s’agit pour l’auteur d’analyser la conception du sujet humain chez chacun de ces courants, l’image de la sociologie et la scientificité qui se dégage de leurs approches ainsi que la place que chacune de ces approches accorde  au sociologue dans la société.  

 

   1-  Bourdieu

 

Les rapports sociaux sont des rapports de force et d'inégalité. Cette inégalité se fondera sur la possession de trois types de capitaux distincts : le capital économique, le capital social et le capital culturel. Les trois sont bien distincts mais leur cumul sera la caractéristique d'une société de classe.

- L'exercice du pouvoir et de la domination ne se fait pas dans le seul cadre des classes sociales. la concurrence existe également à l'intérieur de chaque champ.

- Enfin la violence sera au centre des rapports sociaux; violences multiples desquelles émerge la violence symbolique ("imposition par un pouvoir arbitraire d'un arbitraire culturel").

Le sujet et les déterminismes.

 Bourdieu refuse deux conceptions opposées de l'individu : d'une part le subjectivisme qui accorderait toute liberté à l’acteur, d'autre part le déterminisme objectiviste qui refuse toute liberté à l'individu.

Cependant il tient à retenir la conception du déterminisme méthodologique comme support de la recherche en sociologie. L'important pour le sociologue est alors de dégager les régulations qui apparaissent dans les comportements des agents et qui révèlent des déterminismes cachés du système social. Il cherche à dépasser cette opposition entre subjectivisme et objectivisme à l'aide du concept d'habitus, "ensemble des schèmes inconscients de perception, de pensée et d'action que les sujets vont mettre en oeuvre dans leurs pratiques", résultat de l'intériorisation des conditions objectives de l'individu. Ainsi tous les individus ont une liberté d'action mais celle ci sera médiatisée par cet habitus. La reproduction du système social ne se fera pas de façon mécanique mais passera à travers les stratégies des acteurs.

La conception de la science sociale.

Il retient du structuralisme le fait que la régulation du système est souvent cachée çà la conscience des agents mais il lui reproche de concevoir leurs réactions que sous l'angle de l'automaticité. A l'inverse il conserve de l'interactionnisme le rôle essentiel de l'interaction mais reproche à cette démarche de ne pas tenir compte des déterminations sociales antérieures des agents.

Le sociologue dans la cité.

          Le sociologue doit veiller à ne pas répondre seulement à une demande sociale "d'expertise" qui proviendrait des classes dominantes. Son rôle est de dévoiler les mécanismes sous jacents de reproduction afin de pouvoir s'en libérer.

 

 

2-Balandier et touraine 

 

    - Dans cette conception "dynamique" des sociétés la stabilité n'est jamais que provisoire. Les processus de changement sont constamment à l'œuvre et affectent les différents domaines de la société à des vitesses variables. Dans cette optique il est illusoire de vouloir opposer l'ordre au désordre et l'individu au système; le terme même de système est alors discutable.

- Le sociologue, avec Alain Touraine, s'engage à plus d'un titre : il aide à la mise en évidence des futurs modèles culturels et aide les acteurs collectifs (ouvriers, femmes, ...) à prendre conscience de leur position (avec "l'action participante"), en cela il a l'ambition de pouvoir infléchir sur les actions sociales.

  

 

3-Michel Crozier

  

   - Son travail démarre de l'étude des organisations et non de la société dans son ensemble. Mais en établissant des comparaisons entre des modèles nationaux d'organisation il retrouve les approches comparatives. Dans "l'acteur et le système" il aborde une analyse "macrosociologique" avec le concept de système d'action concret.

Retenant l'importance des contraintes de l'organisation mais acceptant l'idée de l'autonomie de l'individu il est amené à adopter une conception spécifique de la rationalité, la "rationalité limitée".

- Le rôle du sociologue sera un rôle d'expertise, de diagnostic des dysfonctionnements de l'organisation et de formulation de propositions permettant d'accroitre l'efficacité de l'ensemble (de l'action collective).

 

 

 

4- Raymond Boudon

 

             

                  Il s'oppose aux conceptions holistes du social. Il faut d'abord retenir l'autonomie de l'acteur, les faits ne devant être conçus que comme les résultats d'effets d'agrégation. Le sociologue doit donc, comme l'historien, donner des explications à des faits singuliers, mais sa spécificité tient dans le fait où il cherchera à mettre l'accent sur les structures sous-jacentes à l'action individuelle.

Dans ces conditions il n'existe pas de "lois" (au sens réaliste qu'on a pu leur donner) sinon locales et probabilistes. Boudon privilégie alors la notion de modèle à celle de loi.

Le rôle du sociologue consistera alors en une critique des conceptions holistes de la société, des affirmations à caractère prophétique et des idéologies.

 

 

 

                                     

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