"nouvellesociologie" est un blog pour étudiants et chercheurs en sciences sociales et humaines.il traite non seulement des informations socio-politiques,des sujets de recherches en sociologie,anthropologie,philosophie mais aussi,analyse des points vues et courants de pensées des auteurs de ces différentes disciplines scientifiques.en bref il s'agit d'une patte forme d'expression pour ceux qui se retrouvent.
I- LES RAISONS DU CHOIX DU SUJET
A l’origine du choix de ce sujet, plusieurs raisons en découlent. Premièrement, le choix de ce sujet est lié au constat selon lequel une forte homogénéité sur le plan culturel, social et économique des populations des quartiers de Yaoundé ; autrement dit on note dans presque la quasi-totalité de ces quartiers une population répondant aux mêmes aspirations et caractéristiques. Pourtant, il y a quelques années, la ville était considérée comme un lieu de rencontre des individus ressortissants d’horizons diverses et de cultures différentes les unes les autres. Par ailleurs, la deuxième raison du choix de ce sujet, anecdotique soit elle, est liée à une expérience personnelle. En effet, alors que je faisais un stage de prospection dans la ville de Yaoundé au mois d’août 2009. J’ai été confronté à certains quartiers où les habitants pour presque la majorité, étaient originaire d’une même région, parlant la même langue, ayant les mêmes habitudes vestimentaire et pratiquant dans le même secteur d’activité ; ce qui n’a pas laissé ma culture sociologique indifférente, car suscitant en moi, une pléthore d’interrogations et m’emmenant par la même occasion à observer ce phénomène de plus près pour en dégager les logiques.
II- LA PROBLEMATIQUE DU SUJET
Les villes du tiers monde en général et celles africaine en particulier ont souvent fait l’objet d’une ségrégation urbaine qui dans la plupart du temps est influencée par la portée financière des uns et des autres. Du fait de leurs caractéristiques, les classes les plus aisées au capital économique assez élevé par exemple, décident d’occuper l’espace le plus au centre de la ville laissant ainsi la périphérie aux moins nantis. En outre, une observation globale et globalisante de la ville de Yaoundé nous a permis de relever des similitudes sur divers aspects autres qu’économiques des populations appartenant au même quartier. Dès lors, on assiste non plus à une ségrégation au sens strict du terme, mais d’avantage à une sorte de catégorisation dans le peuplement des quartiers de Yaoundé. Toutefois, la plupart des recherches menées dans ce sens ont été orientées vers des facteurs de ségrégations mettant ainsi un accent sur l’aspect économique de ce phénomène ; mais nous, nous avons décidé dans cette investigation d’axer notre problématique sur les logiques qui entrent en jeu dans le peuplement des quartiers à Yaoundé.
III- CHAMP DE QUESTIONNEMENT
Question principale : Quelle sont les logiques qui entrent en jeu dans l’établissement d’un individu dans un quartier à Yaoundé ?
Questions secondaires : Quelles sont les logiques socio-économiques du peuplement des quartiers à Yaoundé Quel est le consensus socioculturel de l’établissement d’un individu dans un quartier plutôt que dans un autre ?
IV- HYPOTHESES DE RECHERCHE
Hypothèse principale : le revenu financier, la recherche d’un espace environnemental propice à ses activités, la religion et le rapprochement ethnique et social (liens familiaux et d’amitié) seraient les rouages et les mécanismes qui sou tendent le peuplement des quartiers à Yaoundé. Hypothèses secondaires : Le revenu financier et la recherche d’espace environnemental propice à ses activités déterminent majoritairement l’option sur le plan socioéconomique du choix d’un quartier par un individu Le rapprochement ethnique, social et religieux constitue le consensus résidentiel socioculturel des individus dans un quartier donné.
V- LES OBJECTIFS
Objectif principal : la présente étude a pour objectif principal de comprendre et d’analyser les dispositions mentales et matérielles du peuplement d’un quartier.
Objectifs spécifiques : Mettre en exergue l’impact des activités économiques dans la mise en commun des hommes en société. Montrer que la culture, les relations humaines et la religion constituent des facteurs importants d’urbanisation des villes dans le tiers monde.
DELIMITATION DU SUJET
La délimitation du sujet consiste à circonscrire le site de l’étude et à définir les unités sur lesquelles porte l’observation. Le choix du quartier briqueterie est basé sur certaines considérations historico-géographique et sociologiques. En effet, briqueterie est un lieu où on note une population homogène constitué pour la plupart d’individus ressortissant du grand nord Cameroun. Aussi, c’est un quartier où l’on note la plus forte communauté musulmane d’Afrique, mais également un lieu où l’activité commerciale est développée et donc l’interaction aussi. Ce quartier par sa situation géographique sert d’intermédiaire entre la périphérie et le centre ville. Son choix n’est donc pas qu’un simple avatar épistémologique, encore moins une fantaisie, mais plus une sélection raisonnée en ce sens qu’elle suscite un intérêt sociologique de part cette brève description.
VII- CADRE THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE
Cadre théorique
De nombreux modèles théoriques s’offrent à l’analyse des pratiques sociales en milieu urbain. Cependant, lorsqu’il s’agit de phénomènes qui n’apparaissent pas directement dans les structures sociales, mais qui impliquent les rapports sociaux entre différents acteurs, l’intérêt des courants dynamistes et compréhensifs de la sociologie est avéré pratique dans leurs analyses : L’analyse compréhensive ici dont la tête de proue est MAX WEBER permet la mise en sens des schèmes comportementaux des individus, leur action dans la société. Dans ce cas, ce modèle nous permet de comprendre ce qui est à l’origine de l’action d’un individu en milieu urbain, laquelle lui permet de choisir un quartier plutôt qu’un autre. MAX WEBER écrit à ce sujet dans Le savant et le politique page 85 « la compréhension est une méthode logique orientée vers la saisie du sens d’une activité ou d’un comportement ». L’analyse dynamiste par ailleurs dont les figures incontournables sont GEORGES BALANDIER et ALAIN TOURAINE intervient dans ce travail pour la mise en évidence de la subvention de la réalité apparente. En effet, ce modèle s’intéresse aux changements sociaux et au devenir des sociétés. Les mutations sociales étant le terrain privilégié du sociologue, le courant dynamiste tente de saisir la part d’invisible et surtout d’imprévisible que cachent les apparences plus ou moins agitées des mutations, mieux de l’évolution des sociétés. ALAIN TOURAINE considère ces mutations comme l’action de la société sur elle-même ; il dit à cet effet : « cet historicité apparaît comme une sorte de moteur social qui rend compte du fonctionnement des sociétés et de leur mouvement ». Production de la société, 1974, page 437.
Le cadre méthodologique
Le questionnaire: Un questionnaire d’enquête constitué de dix questions ouvertes, fermées et à éventails nous a permis non seulement d’accéder aux informations identificatoires de nos enquêtés, aux motivations, mieux aux raisons de leur choix de ce quartier, mais aussi à la saisie de leurs sentiments actuels au moment de leur séjour dans ce quartier.
L’entretien: L’entretien à caractère semi-directif dans ce travail nous a permis d’aller fouiner dans la mémoire des autorités administratives, religieuses et traditionnelles de ce quartier pour comprendre ce qui a été à l’origine de la création de ce quartier, les rapports entre ces populations ainsi que les conséquences de leur cohabitation.
VIII- L’ECHANTILLONNAGE
Compte tenu de l’absence d’une base de données fiable pour constituer un échantillon, nous avons décidé d’aller directement vers les concernés par cette enquête, ceux là qui détiennent l’exclusivité de l’information qui nous intéresse. Ainsi, nous avons opté pour l’échantillonnage théorique. Cette technique nous a permis de rencontrer tour à tour les populations de ce quartier ainsi que les autorités administratives et religieuses ou traditionnelles. Dès lors, l’échantillon constitué comporte 65 personnes tous habitants dudit quartier parmi lesquelles 60 personnes de sexe et de profession confondus et 5 autorités administratives et traditionnelles.
IX- DEROULEMENT DE L’ENQUETE
Au total, cette enquête s’est déroulée en 6 jours pendant les mois de décembre à janvier. Tout commence par une visite guidée du quartier le 28 décembre dans le but de connaître ses limites. Par la suite est intervenu la première administration du questionnaire le 30 décembre aux lieux dit Ekoudou I et II. Les 02 et 03 janvier nous ont permis de couvrir le reste du quartier. Enfin les 04 et 05 janvier, il s’est agit de rencontrer certaines autorités contactées d’avance pour des entretiens dans leur lieu de service. Ainsi nous avons pu achever notre étape de terrain.
X- LES DIFFICULTES
Au cours de cette enquête nous avons rencontré plusieurs difficultés d’ordre épistémologique dont seul l’esprit scientifique nous a permis de contourner. En premier lieu, la difficulté liée au type d’échantillonnage ; compte tenu de l’absence d’une liste ou d’une base de donnée chiffrée fiable avec référence des enquêtés à l’appui nous permettant d’avoir une idée exacte sur le nombre d’habitants de notre site d’étude dans le but de constituer un échantillon représentatif. De plus, mener une étude qui s’inscrit dans le champ social alors que le chercheur y vit lui aussi, présente un écueil en ceci qu’il sera en permanence lutte avec les préjugés et les prénotions. Enfin, la dernière difficulté, loin d’être la moindre est celle liée au déficit, mieux à l’absence d’une documentation étroitement en rapport avec les logiques dépeuplement des quartiers dans les villes du tiers monde
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XI- LES RESULTATS DE L’ENQUETE
Après la descente sur le terrain où nous avons interrogé une population dont l’âge était compris dans l’intervalle 18-65 ans, les données obtenues sont les suivantes : Au moins 55 personnes sur les 60 interrogées, soit environ 91,6% de la population exercent dans le secteur informel en général et le commerce en particulier, avec une majorité (95%) ressortissant du grand nord et appartenant à la religion musulmane, contre 5% partagé entre les autres régions du pays avec le centre en 2e position. 70% de ces personnes vivent chez eux, 25% en famille et 5% chez des amis. En outre, près de 98% de ces personnes répondent favorable à la question qui leur est posée de savoir si leurs voisins sont de même groupe ethnique qu’eux. En plus, de ces personnes interrogées, à défaut qu’ils soient né dans ce quartier, ils y ont déjà passé en moyenne 12 ans et comptent rester encore longtemps que possible. Concernant leur choix de ce quartier, 63% ont été influencés par leur parent et par la religion, 27% par leurs proches et 10% par leurs propres aspirations ici liées au revenu financier. Ils aiment tous leur quartier et si une chance leur était donné d’y faire rentrer l’un des leurs, 5% ont répondu par le négatif et sans raisons, tandis que plus de 94% répondaient par l’affirmatif, et à ce niveau, les raisons sont partagées entre la facilité d’exercice de ses activités, de l’accès à un logement ou encore du sentiment de tribalité et de solidarité qui animent certains à voir leurs frères ou leurs amis près d’eux. Par ailleurs, le quartier même, à l’origine part d’un petit village autrefois EKOZOK, mais qui par la suite, grâce aux fabricants occidentaux des briques de terre dans cette localité autour des années 30-40 est devenu briqueterie. Ainsi, avec le déport des nordistes musulmans du musée national pour le quartier hypodrome, ensuite à Warda, ceux-ci vont finalement s’installer dans ce petit village aujourd’hui briqueterie, selon les autorités traditionnelles et religieuses de ce quartier à l’instar du chef de 3e degré de briqueterie centre A, sa Majesté YAYA Ahmadou BAGAYA, le principal facteur de motivation des peuplants de cette localité est le facteur religieux. Il dit à cet éffet : « Les musulmans aiment manger dans un même plat, voilà pourquoi ils aiment à rester ensemble ». Bien que ce quartier soit en quelque mesure cosmopolite, on y note de bon rapports entre population à en croire Mr ESSOMBA Roger Beaufort, 4e adjoint au maire de la commune de Yaoundé II : « ce quartier dépasse les autres quartiers de Yaoundé en ceci que l’intégration sociale y est facile ». C’est sans doute ce qui explique la présence des foyers culturels et des associations tel que AN-NOUR (en arabe qui signifie lumière) et AFADA (association des femmes et filles de l’Adamaoua).
BIBLIOGRAPHIE
Madeleine GRAWITZ : Méthodes en sciences sociales, 11e édition
GHIGLION, Rodolphe et MATALON Benjamin (1995) « Les enquêtes sociologiques », Théories et pratiques, Paris, Armand colin.
Max WEBER, Le savant et le politique
Alain TOURAINE, (1974), Production de la société
Jean marc Ela, la ville en Afrique noire
Persée : portail de revues en sciences humaines et sociales-Mozilla firefox.
Annexe 2
GUIDE D’ENTRETIEN
Ce guide d’entretien s’adresse aux autorités administratives, traditionnelles et religieuses du quartier briqueterie.
" Je suis étudiant en sociologie à l’université de Yaoundé I, en ce moment je suis intéressé par une étude portant sur les logiques de peuplement des quartiers à Yaoundé, et j’ai choisi ce quartier comme site d’étude. Alors, merci de bien vouloir me donner un coup de main."
L’historique du quartier briqueterie
Les motivations des peuplants
Les rapports entre population
La perception extérieure du quartier et de ses habitants
Les conséquences de leur cohabitation.
Les personnes rencontrées :lieu, date et heure
Sa Majesté ABOUBAKAR, chef de 3e degré d’Ekoudou 3 ; rencontré le 04 janvier 2010 à 14h49 dans sa chefferie Sa Majesté MOHAMED Cherif, fils et successeur du chef de 3e degré d’Ekoudou 5 décédé le 19 décembre 2009 ; rencontré le 04 janvier 2010 à 16h 35 dans sa chefferie Le 4e adjoint au maire de la commune de Yaoundé II, Mr ESSOMBA Roger Beaufort ; rencontré le 05 janvier 2009 à 10h30 dans son bureau.
Sa Majesté YAYA Ahmadou BAGAYA, chef de 3e degré de briqueterie centre A ; rencontré le 05 janvier 2009 à 8h05 dans sa chefferie.
L’Iman de la première mosquée de la briqueterie ; rencontré le 05 janvier 2009 dans sa mosquée à 15h.
PLAN du travail
I- Les raisons du choix du sujet
II- La problématique
III- Champ de questionnement
IV- Les hypothèses de recherche
V- Les objectifs de recherche
VI- Délimitation du sujet
VII- Le cadre théorique et méthodologie Le cadre théorique Le cadre méthodologique
VIII- L’échantillonnage
IX- Déroulement de l’enquête
X- Les difficultés
XI- Les résultats de l’enquête Références bibliographiques
Annexes
Le questionnaire
Le guide d’entretien