"nouvellesociologie" est un blog pour étudiants et chercheurs en sciences sociales et humaines.il traite non seulement des informations socio-politiques,des sujets de recherches en sociologie,anthropologie,philosophie mais aussi,analyse des points vues et courants de pensées des auteurs de ces différentes disciplines scientifiques.en bref il s'agit d'une patte forme d'expression pour ceux qui se retrouvent.
Après s’être constituée, la Sociologie va connaître un tournant décisif à partir des années 1920 ; car, les théories élaborées par ses pères fondateurs vont s’avérer de plus en plus insuffisantes pour appréhender de manière efficace et efficiente le social et saisir l’immensité de cette discipline. On va alors assister à une « transfiguration » de la sociologie avec en marge l’apparition de nouveaux courants de penser matérialisant les critiques adressées aux grandes figures de cette discipline. Leurs ouvrages vont alors devenir de véritables objets à controverse pour les Sociologues contemporains, à commencer par le Tome I d’ Economie et Société de Max Weber. En effet, s’il est vrai aujourd’hui que Weber, par ses œuvres, reste une référence de premier plan en Sociologie, on n’est pas loin de déceler quelques réserves dans son ouvrage intitulé Economie et Société : Les Catégories de la Sociologie. Ainsi, que reproche t- on à Weber ? Son œuvre n’a-t-elle pas été suffisante pour faire de lui l’un des fondateurs de la Sociologie ? Son analyse du rapport fondamental entre dynamique économique et organisation sociale aurait-elle été un passage à vide dans cet univers scientifique alors dominé par la transdisciplinarité, notamment : de la Sociologie à l’Economie ? La tâche qui incombe tout bon sociologue face à ce genre de préoccupation consiste à faire une analyse critique de cet ouvrage en passant naturellement par l’analyse de fond de son contenu ainsi que son contexte historique de publication.
I- BIOGRAPHIE DE L’AUTEUR
Né le 21 Avril 1864 à ERFURT en Allemagne, d’une famille riche et cultivée, KARL Emil Maximilian Weber a bénéficié de l’influence formatrice d’un milieu social profondément dominé par la bourgeoisie protestante et intellectuelle. Son enfance assez particulière marquée par une passion pour la lecture témoigne de sa grande précocité intellectuelle. Très jeune, il fait montre d’une curiosité sans pareille malgré sa timidité, puisqu’il côtoie déjà les hommes politiques et savants de premier plan. Lorsqu’il obtient son baccalauréat, le jeune MAX, s’inscrit à l’université de HEIDELBERG après un séjour militaire en France marqué par un échange intellectuel avec le mari de sa tante, Hermann BAUMGARTEN ; il étudie alors l’histoire, l’économie, la philosophie et la théologie. Il obtient sa licence en droit en 1886, puis se spécialise en histoire de droit .En 1889 sous la direction du professeur Levin GOLDSCHMITT, Max WEBER soutient une thèse de doctorat portant sur Le développement des sociétés commerciales en non collectif dans les cités italiennes du moyen âge. Il achève sa thèse d’habilitation, L’importance de l’histoire agraire romaine, pour le droit public et privé. À partir de 1891, Max WEBER enseigne le droit à l’université de BERLIN, très rapidement, il se tourne vers l’économie. A 30 ans, il est nommé professeur d’économie à l’université de FRIBOURG, quelques années plus tard, en 1896, à celle de HEIDELBERG. Ses années d’enseignement furent décisives dans sa formation; puisque son contact permanent avec la masse va l’amener à s’intéresser aux problèmes sociaux de son époque ; c’est ce qui explique son intégration dans le Verein Für socialpolitik (association pour la politique sociale.)
En 1899, il abandonne l’enseignement pour des raisons de santé et se consacre à l’activité de la politique marginale, il fait de temps en temps du journalisme, surtout il s’oriente vers la philosophie méthodologique et épistémologique, progressivement s’initie à la sociologie. Malgré son état de santé pas très stable marqué par de nombreuses dépressions qui l’amenaient à interrompre de temps en temps son activité intellectuelle, Max WEBER réoriente ses recherches en 1903 vers la sociologie ; il prend alors avec EDGARD JAFFE et WERNER SOMBART la direction des «archiv Für sozialwissenschaft und sozial politik qui devient la première revue de sociologie allemande. C’est d’ailleurs dans cette revue qu’il publiera la plupart de ses travaux de sociologie dont L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme en 1905 dans lequel, il s’inscrit en faux contre les auteurs qui attribuent le phénomène de mutation économique des temps modernes à l’histoire, puisqu’il pense que l’éthique protestante constitue plutôt un facteur explicatif de l’essor du capitalisme. Par la suite, il fait de nombreux et importants travaux de sociologie économique, de sociologie religieuse et sociologie juridique dont certains ne paraitront qu’ après sa mort , notamment Economie et société en 1922 dans lequel il s’interroge sur le rapport entre dynamiques économiques et organisation sociale.
Ses travaux seront à nouveau interrompus en 1914 au début de la première guerre mondiale lorsqu’il va être rappelé comme officier de réserve dans l’armée allemande. Il s’engagera davantage dans la politique après la défaite allemande de 1918. Malgré sa volonté de participer aux affaires publiques, il ne parvient jamais à occuper un poste important de décisions. Toutefois, il ferra partie de la délégation Allemande qui négociera le traité de Versailles et sera ainsi, membre de la commission de rédaction de la nouvelle constitution du Reich : Le weinar.
Dans les dernières années de sa vie, il réalise d’importants travaux tels qu’une étude sur la neutralité axiologique et deux célèbres conférences sur la vocation du savant et du politique. En 1919, il revient à l’université de Munich pour y enseigner la Sociologie et occuper la chaire de Sociologie que l’université avait crée spécialement pour lui. Seulement, dès l’année suivante, il meurt d’une pneumonie à l’âge de 56 ans.
Au total, l’œuvre de Max Weber est dominée par une recherche sur la rationalité et dont sur la saisie du sens complet d’une action humaine. Cette volonté de comprendre le fond interne de l’homme pour donner une explication à son activité sociale est matérialisée dans la plupart de ses ouvrages dont-on estime à plus d’une dizaine parmi lesquelles Economie et Société. Ce dernier dont le tome1, constituera l’objet d’une analyse critique dans notre investigation est un ensemble d’extrait de ses travaux effectués de son vivant dans un contexte bien précis regroupé et publié en 1922 deux ans après sa mort.
II-CONTEXTE HISTORIQUE DE PUBLICATION DE L’OUVRAGE
Etudier une œuvre de Weber nécessite de se situer dans son contexte historique pour comprendre ses motivations et ses objectifs scientifiques .L’époque dans laquelle il se situe, est celle de l’affirmation du pluralisme des valeurs, de la grande question sociale et ses conséquences, ainsi que du débat méthodologique en science sociale. L’œuvre Economie et Société paru en 1922 s’inscrit dans la logique de cette époque au triple plan politique, socio-économique et intellectuel ou scientifique.
SUR LE PLAN POLITIQUE : à l’époque de weber l’Allemagne est en pleine mutation sur le plan politique, d’une multitude d’Etats indépendants, on passe à un Etat centralisé. Le pays connait alors plusieurs mouvements politiques qui annoncent la première guerre mondiale. Ceci suscite chez les savants de cette époque, Weber notamment une curiosité et un intérêt d’études.
SUR LE PLAN SOCIO-ECONOMIQUE : l’Allemagne entame son décollage économique pour devenir une des puissances économiques mondiale ; ce qui a un impact sur l’organisation sociale. Car, les classes de possession positivement privilégiées que sont les bureaucrates et les détenteurs de capitale économique important tendent à dominer les Sociétés.
CONTEXTE INTELLECTUEL : il se développe en Allemagne une sorte de « querelle de méthodes » qui, de la science économique s’étend rapidement à l’ensemble des sciences sociales. C’est également, l’époque qui marque l’opposition entre idéalisme et matérialisme. La question de fond dans ce débat est importante, puisqu’il s’agit finalement de déterminer la nature ontologique , téléologique et méthodologique des sciences sociales , ainsi que leurs spécificités par rapport aux sciences de la nature . Face donc à cette querelle, des auteurs de façon diversifiée se proposent de développer autour de leur production des stratégies permettant la saisie de leurs démarches : d’où cette imbroglio méthodologique. Toute réflexion de Max weber, notamment dans sa dimension méthodologique est en grande partie inspirée de ce débat.
III- PRESENTATION ET CONTENU DE L’OUVRAGE
-Présentation et but
Economie et société est l’un des ouvrages majeur du sociologue allemand Max Weber publié en deux tomes, dont le premier intitulé Les catégories de la sociologie est celui sur lequel porte notre étude. En effet, cet ouvrage publié en 1922, fut d’ abord le produit d’une commande passée en 1908, œuvre destinée à remplacer le manuel économie politique de GUSTAV SCHONBERG. Ainsi après acceptation de l’offre, Max weber se propose de centrer sa réflexion sur la nature du capitalisme contemporain et d’initier, grâce à ce nouveau traité une collection de cinq volumes de Sociologie économique. De ce fait, il s’attribue la section intitulée « économie et société ». Quelques temps plus tard, en raison de contingences multiples, la publication sera fragmentée et interrompue par la deuxième guerre mondiale
Reparti en quatre chapitres, le tome I d’Economie et société, d’entré de jeu procède par la définition de la sociologie : « une science empirique qui se propose de comprendre par interprétation l’activité sociale et par là, d’expliquer causalement son déroulement et ses effets » c’est d’ailleurs ce que voudrait signifier Weber lorsqu’il fixe la tâche du sociologue qui consiste à saisir le sens des actions spécifiques des individus. En outre, Economie et Société tome I est un prolongement de définitions des concepts fondamentaux pour la compréhension de la sociologie de Weber. Il intitule d’ailleurs le premiers chapitre les « concepts fondamentaux de la Sociologie », ensuite, il présente « les catégories fondamentales de l’économie», enfin, « ordre et classes » au chapitre IV en passant par le Chapitre III « les types de domination ».
Le but de ce Tome reste donc essentiellement la rationalisation du comportement humain à travers la démarche compréhensive appliquée au domaine économique. En effet, lorsque Weber décide d’aborder la question économique en rapport avec la société, la thèse selon laquelle l’économie détermine la société avec Karl Marx est une évidence. Ce que voudrait donc montrer Weber dans cet ouvrage est l’influence mutuelle de la société et de l’économie; weber a ainsi pu être présenté comme l’une des références incontournables du paradigme de l’individualisme méthodologique.
-LA DEMARCHE WEBERIENNE : SOCIOLOGIE COMPREHENSIVE
En définissant dans les premières pages d’Economie et société la sociologie comme « une science qui se propose de comprendre par interprétation l’action sociale et par là, d’expliquer causalement son déroulement et ses effets », Weber fait de cette discipline une science de l’action sociale. Pour lui, la société est constituée d’agrégations des actions produites par l’ensemble des agents sociaux qui la composent. L’unité de base de la sociologie est donc au sens de Weber l’action d’un agent; cette perspective fait de lui un indiscutable précurseur de l’individualisme méthodologique. Cette dernière approche se fonde sur la conviction que les sciences sociales ( sciences de la culture selon weber) diffèrent des sciences de la nature en ce sens que l’homme est un être conscient qui agit en fonction de sa compréhension du monde et des intentions qu’il a, il faudrait donc dans l’analyse du social, dit-il raisonner par l’idéal-type et d’en faire un tableau homogène; il faudrait d’autre part, partir de l’infiniment petit, c’est-à-dire du micro social pour aborder le macro social. Il faut passer de l’individualité sociale aux institutions humaines. En effet, l’intérêt selon Weber de partir de l’individu réside dans le fait que le comportement humain est une donnée scientifique compréhensible du moment que l’on y introduit des degrés de rationalité. La compréhension des phénomènes sociaux est donc immédiate et non indirecte comme ceux de la nature. L’observateur doit se placer du point de vue de l’auteur pour comprendre le sens subjectif qu’il donne à son action; le sociologue devra dans son analyse faire le récit de ce qu’on ne verra jamais deux fois, c'est-à-dire qu’il doit chercher à la fois le général et le particulier .
En somme, la démarche wébérienne réside plus dans le coté compréhensif la sociologie qui veut que l’accent puisse être mis sur l’individu en tant que conscience, sur son action de telle sorte que, pour définir sa Sociologie Weber dans sa lettre à ROBERT LIEFMAN écrit en 1920, peu de temps avant sa mort : « si je suis sociologue, c’est essentiellement afin de mettre un point final à ces exercices à base des concepts collectifs dont le spectre rode toujours. En d’autre terme, la Sociologie elle aussi, ne peut procéder que des actions d’un, de quelques ou de nombreux individus séparés. C’est pourquoi elle se doit d’adopter des méthodes strictement individualistes. »
- Economie et société : une matérialisation de la sociologie compréhensive.
Une lecture heuristique et herméneutique des premières lignes d’économie et société au tome I laisse entrevoir ce désir ardent pour MAX WEBER de repréciser sa démarche sociologique à travers un prolongement de définition tout au long des quatre chapitre de cet ouvrage.
D’entrée de jeu, ce désir est matérialisé au premier chapitre où WEBER procède à une définition de concepts fondamentaux pour la compréhension de sa démarche. En effet, l’exigence d’une construction de concepts rigoureux et d’une séparation stricte entre savoir empirique et jugement de valeur sont à l’ordre du jour dans la rédaction de cet ouvrage. Ainsi, il part des fondements méthodologiques notamment du concept d‘idéal-type dont il précise l’importance dans l’analyse de l’activité sociale. Pour WEBER, il s’agit d’une « construction théorique obtenue en accentuant les traits essentiel d’un phénomène en fonction des objectifs du chercheur qui étudie ce phénomène et en supprimant tout ce qu’il qui peut paraitre accessoire », par exemple lorsqu’il analyse le rapport entre économie et société, WEBER part d’une construction théorique sur l’économie en reprécisant les critères fondamentaux d’une activité dite économique.
Par la suite, n’accordant aucune valeur au déterminisme (dont il critique), WEBER pense que l’économie s’établie dans la société, pour mieux l’appréhender, il faudrait tenir compte à la fois des données sociologiques et économiques qu’il désigne par les catégories sociologiques fondamentales de l’économique; c’est ce qui l’amène au chapitre II de cet ouvrage à redéfinir, du point de vu sociologique un ensemble de concept se rapportant au domaine économique. Il considère que le fait économique est une activité sociale dans la mesure où, la recherche des biens en société s’effectue suivant les modalités qui obligent l’agent à tenir compte des comportements des autres agents économiques et du sens que ceux-ci donnent à leurs actions; cette réflexion est à la base de sa sociologie économique.
S’interrogeant au chapitre III sur les rapports de pouvoir entre individus en société et dans le but d’élaborer une typologie de domination, WEBER stipule que les relations qui existent entre détenteur de pouvoir et la direction administrative sont différentes selon le fondement de relation qui existe entre eux. La domination repose donc sur l’habitude et sur les considérations rationnelles en finalité. Il distingue ainsi trois types de dominations revêtant chacune un caractère spécifique notamment le caractère rationnel obéissant aux motifs idéaux et matériel, équivalent au type de domination légale, le caractère traditionnel obéissant aux coutumes et à la tradition équivalent au type de domination traditionnelle. Le caractère charismatique obéissant aux motifs purement affectuels et correspondant au type de domination charismatique. A travers cette catégorisation, WEBER pense mettre en exergue les rapports interpersonnels entre individus au sein du social.
Enfin, emboitant le pas à KARL MARX dont il s’inspire ( théorie des classes sociales) WEBER à travers le quatrième chapitre de cet ouvrage veut montrer comment l’individu est au centre des dynamiques qui peuvent s’opérer au cour de son existence par les conditions, ou mieux les dispositifs sur lesquels reposent une possibilité d’appartenance à telle classe ou à telle autre. WEBER distingue ainsi : les classes de possession (négativement ou positivement privilégiées), les classes d’acquisitions puis les classes sociales. Ils ne voient nécessairement aucun conflit entre ces différentes classes, mais plutôt, pense t- il « les actions de classes sont possible si les contrastes entre différentes classes sont suffisant pour motiver l’action des individus. » A coté de ceci, Weber définit le concept d’ordre comme étant « un ensemble d’individus qui réclament une considération particulière et parfois un monopole particulier de leurs conditions. » Pour lui, les ordres peuvent naître de mode de vie, d’un type de profession, d’un charisme héréditaire, de revendication de prestige excepté, d’une origine sociale et de la prise monopolistique des pouvoirs politiques ou hiérocratiques. Ce chapitre esquisse une théorie de l’inégalité sociale en développant un schémas conceptuel bipolaire organisé autour des catégories des « classes et ordre ».
IV- RAPPORT FONDAMENTAL ENTRE ECONOMIE ET SOCIETE
Parler du rapport entre économie et société revient à mettre en exergue les caractères relationnels entre les agents sociaux, puis entre l’agent social et l’activité économique qui attribut aux uns le pouvoir et instaure la domination au sein des relations entre acteurs sociaux.
Ce faisant, les relations entre individus telles que mentionnées dans cet ouvrage s’analyse sous deux formes. D’une part, nous avons la communalisation, d’autre part, la sociation. Si l’on admet qu’au sein d’une société, toutes les relations ne sont pas équilibrées, il apparaît donc, une sorte d’infériorité/supériorité qui rythme le quotidien des uns et des autres. De cet état, il ressort donc, trois types de dominations à savoir : charismatique, traditionnelle et légale rationnelle.
A cet effet, l’on peut donc dire à juste titre que la rationalisation pour Weber, s’impose dans tous les domaines et se manifeste via le sens ou les valeurs que les individus donnent à leurs actions. C’est pourquoi, de ce qui précède, l’on peut remarquer avec raison que la société en fin de compte est influencée par l’économie, tout de même la société façonne à son tour l’économie. C’est d’ailleurs le principal rapport que nous pouvons déceler dans cet ouvrage de Max Weber.
V-COMMENTAIRE CRITIQUE
S’il demeure une référence de premier ordre, Max Weber n’en prête pas moins le flanc à la critique. C’est ainsi que plusieurs auteurs ont soulevé des limites à son approche notamment son traditionnel rival méthodologique Emile Durkheim, Catherine colliot-Thélène, Renate Mayntz, l’américain Jack Goody ou encore Gurvitch
Emile Durkheim : si Weber fait de l’activité sociale, mieux de l’action d’un individu l’unité de base de l’étude sociologique, Durkheim s’y oppose un temps soit peu .En effet, pour ce dernier, on devrait se baser sur des faits collectifs et répétés pour comprendre un fait social. Il fait alors de la sociologie une science du fait social. Durkheim pense que, l’homme est le produit de sa société, mieux des conditions matérielles de sa propre production. La société est antérieure à l’ homme, elle lui est inhérente. C’est elle qui forge et détermine son être au monde. Cette définition objective du social précise tout de même la présence des activités individuelles au sein même de la personne humaine, puisque celle -ci dispose aussi d’une conscience individuelle. Cette définition de Durkheim ignore le caractère interactionniste du comportement humain. Contrairement à Weber. Car estime t-il, l’action individuelle peut être influencée par le milieu social sans qu’il n’y ait d’interaction effective entre individus.
Catherine Colliot-Thélène : cet auteur français remarque que, au risque de l’ethnocentrisme, les idéaux- types de domination tel que décrit dans Economie et Société ont tendance à faire la part belle aux sociétés occidentales. La domination traditionnelle emporte effectivement avec elle des réalités hétérogènes et sert avant tout à marquer la rupture entre un passé diversifié aux origines incertaines et une modernité homogènes et mieux circonscrite dans le temps et dans l’espace.
JACK JOHN RANKINE GOODY : Cet auteur britannique estime qu’il convient d’être plus attentif que ne le fut Max Weber aux mouvements pendulaires entre orient et occident. Nombre d’inventions en science, en économie et en art sont en fait le produit d’institutions orientales. Dans les domaines systématiquement associés au capitalisme occidental, notamment les phénomènes de la bureaucratie, l’on s’aperçoit aujourd’hui que sur certains points Max Weber était mal informé. par exemple sans que l’on constate de différence significative dans le degré de sophistication, la « comptabilité rationnelle » qu’il évoque au deuxième chapitre voit le jour en Inde et en Chine bien avant de s’imposer en Europe, terre d’élection par excellence, selon Weber d’une modernisation triomphante.
RENATE MAYNTZ: elle à contribuée à établir une sociologie des organisations en Allemagne et reste aujourd’hui l’une des personnalités les plus influente de cette discipline. Son article sur Max WEBER qui a été publié en traduction française est depuis une décennie l’une des références de la bibliographie Allemande en la matière. RENATE présente une série de malentendu qui a accompagné la réception de l’œuvre de Max Weber ; ce faisant donc, elle déclare certaines imperfections de la théorie Wébérienne notamment le manque de prise en compte des éléments informels dans l’organisation bureaucratique, ainsi que les inévitables déviations par rapport à des schémas prédéfinis qui sont dues aux différents dispositifs individuels des membres de l’organisation.
GEORG GURVITCH : avec sa sociologie en profondeur, il reproche à WEBER de construire son idéal-type sur des bases essentiellement abstraites. Il pense que la réalité sociale est constituée de dix paliers. Or, Weber, à travers cet exposé développe une kyrielle de définitions qui sont inévitablement abstraite et paraissent étrangères à la réalité. Ici Max Weber n’élabore aucune théorie ni de la sociologie compréhensive ni de l’action sociale, mais plutôt un état de l’appareil conceptuel de sa sociologie. Pour Gurvitch, Max Weber créé l’idéal- type contre la notion d’essence trop liée à des valeurs ; sa seule perfection était d’ordre logique avec son souci de rationalisation du comportement humain.
Conclusion
Tout compte fait, l’objectif visé semble atteint. Puisqu’au delà de l’analyse du contenu de cet ouvrage, qui d’ailleurs, porte les marques de son contexte historique de publication, l’on a su relever quelques manquements à l’œuvre de Weber. Ainsi, ressort-il de cette investigation que, ce livre de Weber bien que finalisé après sa mort par son épouse qui n’avait pas forcément les mêmes motivations, constituent plus ou moins une victoire dans le processus d’institutionnalisation ; car, c’est dans ce tome i d’Economie et société, qu’il fixe les bases de sa Sociologie compréhensive, mais aussi, c’est là qu’il établit un lien étroit entre économie et société, mieux encore Economie et Sociologie. Dans ses explications Weber insiste d’ailleurs via ces définitions qu’une réflexion sociologique sur l’économique doit partir de ce que tous les processus et objets économiques reçoivent en tant que tel, leurs caractères de « sens » que l’activité humaine leur donne : il conclut alors que l’économie influence la société et inversement.
Annexe
BIBLIOGRAPHIE
- MAX WEBER: Economies et société, Plon, 1922
- tome1 : Les catégories de la sociologie
- tome2 : Organisation et puissances de la société dans leurs rapports avec l’économie
-EMILE DURKHEIM: Les règles de la méthode sociologique, PUF, 1937
-MADELEINE GRAWITZ : Méthode en sciences sociales, 1976
-René Bourreau : Sociologie générale. Montchrestien, 1996
- Raymond Boudon et François Bourricaud : Dictionnaire critique de la sociologie ; paris ; puf ; 1982
- Dirk Kaesler : Max weber : sa vie, son œuvre, son influence. Fayard, 1996
- Internet : www.google.com
LEXIQUE
- Economie : c’est une science sociale qui a pour objet l’étude et la recherche de « lois » permettant d’expliquer les mécanismes qui gouvernent la production, la consommation et l’échange de biens et services.
- Société : union de plusieurs personnes soumises à un règlement commun ou associées en vue d’une industrie.
- Idéal-type : c’est une construction théorique obtenu en accentuant les objectifs du chercheur qui étudie ce phénomène et en suppriment tout ce qui peut paraitre accessoire.
- Activité sociale : encore appelée chez WEBER action sociale, c’est une action humaine qui dans la mesure ou du fait de la signification subjective que l’individu ou les individus qui agissent y attachent, elle tient compte du comportement des autres te en est effectué dans son cours.
- Activité économique : c’est l’exercice pacifique d’un droit de disposition d’orientation essentiellement économique.
- Communalisation : c’est une relation sociale lorsque et tant que la disposition de l’activité sociale se fonde dans le cas particulier, en moyenne ou dons le type pur sur le sentiment subjectif (traditionnel ou affectif) des participants d’appartenir à une même communauté.
- Sociation : c’est une relation sociale lorsque et en tant que la disposition de l’activité sociale se fonde sur un compromis d’intérêt motivés rationnellement en (valeur ou en finalité) ou sur une coordination d’intérêts motivé de la même manière.
- Domination : c’est la chance pou r des ordres spécifique( ou pour tous les autres) de trouver obéissance de la part d’un groupe déterminé d’individus
- Situation de classe : c’est la typique qui dans un régime économique donné résulte du degré auquel et des modalités d’utilisation selon lesquels un individu peut disposer(ou ne pas disposer) de bien ou de services afin de se procurer des ventes ou des revenus
- Classe : tout groupe d’individu qui se trouve dans la même, situation de classe. On distingue la classe de possession la classe de production ou d’acquisition et la classe sociale.
- Ordre : c’est une pluralité d’individus qui au sein d’un groupement revendiquent efficacement une considération particulière éventuellement aussi un monopole particulier à leur conditions.