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Après midi du mardi 8 février 20011, le temps est clément à Yaoundé, la capitale du Cameroun. La police de la circulation est sanglée dans sa tenue de fête. La circulation est interdite aux usagers entre Etoudi, le quartier qui abrite le palais présidentiel et l’aéroport international de Nsimalen. La circulation est dense sur les axes secondaires, les populations étouffent en silence. C’est devenu une habitude imposée aux Yaoundéens, chaque fois que Paul Biya rentre d’un de ses multiples voyages hors du pays, la ville de Yaoundé est paralysée. Pendant des heures l’activité est au ralenti. En réponse à la plainte de ce passager venu de Douala, un habitant de Yaoundé précise « Mon frère, je vois que tu es étranger dans la ville, ici on souffre en silence quand le Big Boss revient, sinon, tu te retrouves à Kodengui comme cet enseignant du lycée qui a osé critiquer cette façon de faire. Plutôt, il faut éviter de s’y rapprocher parce qu’en cas d’accident vous êtes perdant parce que le cortège ne s’arrête sous aucun prétexte. Mon frère dans ce pays il y a des vies qui comptent plus que d’autres fais gaffe ».
Du coté de Nsimalen, l’ambiance était toute autre. La police de l’aéroport était dans tous ses états le téléphone sonnait sans cesse au fil des heures, l’atmosphère devenait plus en plus sur chauffée. La police, la direction de la sécurité présidentielle et la gendarmerie étaient mises à contribution. Et pour cause, une meute de jeunes au rang desquels des etudiants dirigés par un certain LANDRY, vêtus de tricots du Peuple Uni pour la Rénovation Sociale , un mouvement de jeunes, qui revendique le changement du système au Cameroun avait envahi la rue. Cette fois, ce n’étaient pas les militants du Rdpc qui réservaient un accueil chaleureux à leur chef mais les jeunes du Purs venus massivement réserver un accueil triomphal à Serge Espoir Matomba le premier secrétaire du parti des jeunes. Le choc entre les forces de l’ordre et les jeunes était dur.
Le SG du Purs et certains de ses compagnons menacés d’arrestation, un militant du Rdpc rejoint le Purs, Matomba persiste et signe. Les éclats de voix étaient à peine étouffés. A l’entrée de l’aéroport de Nsimalen,au lieu dit SOCAEPE ODZA, Mme le commissaire de police du commissariat de Nkoldongo, un quartier de Yaoundé était formel, il fallait conduire le secrétaire général du Purs qui était à la tête de la délégation des jeunes au poste de police au motif de trouble à l’ordre public. Mais de quel ordre public s’agit-il ? « Nous voulons tout simplement réserver un accueil digne d’un leader à notre premier secrétaire qui sort d’une tournée en Europe, en Amérique et en Asie. Nous sommes des militants d’une cause politique et non des vandales » reprendront en cœur les jeunes du Purs auquel est venu se joindre un militant du Rdpc convaincu par le discours des « Pursistes ».
A l’intérieur de l’aéroport, le remue-ménage était perceptible; après les cérémonies d’accueil d’usage, Paul Biya va recevoir ses ministres avant de mettre le cap sur Etoudi dans une ambiance caractérisée par la totale absence des militants de son parti. De son coté, le premier secrétaire du Purs qui a été rejoint par des journalistes et de nombreux jeunes va improviser un point de presse sur sa tournée mondiale, la révolution politique basée sur le changement du système par les jeunes que prône Purs, et bien d’autres sujets.
Pour Serge Matomba, l’heure n’est plus aux spéculations inutiles, il faut passer à l’acte parce que « les jeunes peuvent déjà prendre les choses en main, les jeunes doivent prendre leur destin en main, c’est le moment oú jamais. Nous devons faire partir les médiocres qui nous gouvernent ».
Devant une foule spontanée et attentive, il va se livrer au jeu de questions réponses dont le résumé caricatural est suivant « Si je me lève le matin, je regarde la télévision et je dors, je ne dois pas me plaindre si ma vie dort. Mais si je me lève le matin, je me bats contre les difficultés de la vie, tôt ou tard je réussirai ». Pour le secrétaire du Purs plus que jamais, les jeunes doivent fuir l’attentisme béat pour le « struggle for life, struggle for survivor », parce que la réussite est au bout de l’effort, la réussite se trouve au bout du combat pour le nouvel ordre politique initié par les jeunes pour le jeune cheval de Troie du Purs.
Cellule de communication du Purs