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"nouvellesociologie" est un blog pour étudiants et chercheurs en sciences sociales et humaines.il traite non seulement des informations socio-politiques,des sujets de recherches en sociologie,anthropologie,philosophie mais aussi,analyse des points vues et courants de pensées des auteurs de ces différentes disciplines scientifiques.en bref il s'agit d'une patte forme d'expression pour ceux qui se retrouvent.

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Le conflit ivoiro-ivoirien: approche et perspective polémologique

            La cote d’ivoire est un pays d’Afrique de l’ouest, d’une superficie de 322473 km2, elle est  ouverte au sud par l’océan atlantique à travers le golfe de guinée, limitrophe  à l’ouest par le Liberia et la guinée, au nord par le mali et le Burkina Faso et à l’est par le Ghana. Son territoire est divisé en 19 régions avec une population estimée à 18.4 millions d’habitants en 2008 avec  quatre a cinq millions d’étrangers, soit environ un tiers de sa population. Son peuplement est très diversifié, on y dénombre alors un peu plus de 60 ethnies parlant à peu près  70 langues locales et le français comme langue officielle. Sur le plan religieux, l’islam et le christianisme viennent en tête avec respectivement 38 % et 22%  d’adeptes chacun ; le reste de la population est demeuré fidele à la religion traditionnelle et tribale. Sur le plan économique, la cote d’ivoire constitue un pole économique régional  important, son PIB représente 40% de celui  de l’union économique et monétaire d’Afrique de l’ouest (UEMOA). Déjà en 1960, elle opte pour une économie libérale ouverte a l’aide et aux investissements étrangers, ce qui lui permet de connaître une croissance exceptionnelle en 1970, faisant ainsi intervenir de nombreux travailleurs de pays voisins ;   on la qualifie dès lors de « locomotive d’Afrique de l’ouest ». Grâce à ses richesses agricoles, ses vastes étendues de terres très fertiles et aux cours mondiaux favorables du cacao et du café, ce pays  est devenue premier exportateur mondial de cacao (assurant 45 % des exportations mondiales) et quatrième exportateur de café. Avec cette aptitude agricole considérable, le pays attise de vives convoitises  de la part  des grandes puissances capitalistes. Sur le plan politique, la cote d’ivoire obtient son  indépendance le 7 aout 1960 avec pour président Félix Houphouët Boigny élu en  novembre de la même année. Ce dernier impose un pouvoir personnel (le paternalisme) en jouant habilement sur les divisions ethnique, qui déjà constituaient une réalité, mieux encore un  problème de fond au sein de cet  Etat alors prospère. Cependant  sa mort en 1993, à  laquelle  va se greffer le processus de démocratisation de l’Afrique entamer 3 ans au paravent  va marquer le début  du cataclysme  post-Houphouët ; puisque  non seulement  le problème  des divisions ethnique va resurgir, la transition   du régime du parti unique  au régime multi partisan  va s’avérer très difficile.  Ceci va plonger le pays dans  une crise au triple plan  social, économique et politique   marqué par un conflit armé  apposant « des ivoiriens au ivoiriens » ; lequel conflit fait aujourd’hui  l’objet de préoccupations  tant chez des politiques  que chez des hommes de science, notamment  les polémologues, dans le but de trouver des voies de sorties a cette crise . Le travail qui nous incombe  donc ici  consistera à nous interroger sur les fondements réels de ce conflit ainsi que ses répercussions sociologiques  et psychologiques pour en proposer des substituts relatifs. Il s’agira  de tenter de répondre, en guise de prolégomènes à toute  démarche  polémologique, aux questions : quelles sont les pulsions belliqueuses qui conduisent à ce conflit ? N’y aurai t-il pas de solutions  alternatives  ? Pour y parvenir nous allons davantage nous atteler  a ressortir les hypothèses et théories permettant de dégager les facteurs de ce conflits.

 

I- LE CONFLIT IVOIRO-IVOIRIEN : UNE CRISE POLITICO-MILITAIRE

 

La situation que traverse la cote d’ivoire  ces dernières décennies rentre dans la logique  d’une ambiance pratiquement dysphorique que connait la plupart des pays africains au sud  du Sahara depuis  leur indépendance, et surtout, depuis l’avènement de la démocratie occidentale. Une observation globale  et globalisante de ces situations  conflictuelles laisse entrevoir des crises  qui ont toutes à voir avec  la quête du pouvoir politique et la gestion de la période pré/ postélectorale. Le présent cas  ivoirien, loin d’être l’apanage d’une société particulièrement belliqueuse, nous interpelle dans l’optique de cerner  les rouages et les mécanismes  qui sou tendent  ce conflit. Ainsi  quelles sont ses causes ? Qui sont les acteurs –leurs objectifs ? Comment se manifeste le conflit ? Voila quelques  questions auxquelles nous allons essayer  d’apporter des éléments réponses dans cette partie de notre investigation.

 

Les origines du conflit

 

       Plusieurs  causes, tant immédiates  que lointaines, constituent le fondement originel de ce conflit. Toutefois pour des soucis de précision et de concision il sera question de présenter  celles  qui sont plus objectivables ; il s’agit entre autre de la politique paternaliste du président  Félix Houphouët boigny, du  concept d’ivoirité dans son applicabilité et le clivage ethnique, du coup d’Etat militaire et la dégradation du climat politique, de la confiscation du pouvoir par Laurent Gbagbo.

 

La politique paternaliste de Félix Houphouët boigny

 

Né a  Yamoussoukro en 1905 ce fils de paysan  de part son charisme va marquer l’histoire de plusieurs  génération dans son pays. Déjà roi de sa tribu à l’âge de cinq ans, il va suivre des études de médecine avant de fonder en 1944, un syndicat d’agriculteur africain  qui sera à l’origine du PDCI  (parti démocratique de cote d’ivoire). Leader incontesté de cette formation  politique  il devient logiquement président de la république de cote d’ivoire qu’il gère d’une main de fer dès  son indépendance en 1960 à travers un pouvoir présidentiel fort lui permettant de maintenir, selon lui, l’unité nationale dans un pays de plus d’une soixantaine d’ethnies  . Dès lors il engage son pays dans un vaste programme de développement et d’industrialisation à travers le libéralisme  économique ; lequel programme  va plonger ce pays dans une autosuffisance  alimentaire à outrance  et à une croissance économique sans pareil en Afrique, il sera même qualifié de « paradis économique », attirant par là même des vagues de travailleurs étrangers, notamment des burkinabé, des guinéens, des ghanéens et des maliens pour ne citer que ceux là. Mais ce petit  paradis d’Afrique de l’ouest n’était en fait que « le grand d’arbre qui cache la forêt », car au delà, c’est un pays  ou les divisions ethniques, auxquelles vont s’ajouter la xénophobie et l’exclusion,  vont grandissantes, puisque « les ivoiriens de souche » vont davantage se sentir envahis par l’étranger. En effet, Félix Houphouët boigny avait su étouffer  toutes ces querelles internes  en  distribuant des postes ministériels a différentes factions de la population et, comme le veut l’adage,  « on ne parle pas la bouche pleine », ce qui  lui permettait de  mieux diviser pour mieux régner en maintenant ainsi  un équilibre entre différents groupes et en empêchant l’émergence d’un groupe plus puissant que les autres. Et cela lui réussissait  tant que la situation économique restait stable. Cependant  avec la crise économique de 1980 ayant entrainé  la raréfaction de la manne et que les institutions commençaient   à pressurer le pays, ces tentions vont prendre un caractère aigu  télescopant brutalement les questions économiques, politiques et sociales, car les locaux vont estimer que la chute de leur économie est redevable aux immigrés (qui déjà constitue plus de 26 %de la population totale ivoirienne). Et,   logiquement  après la mort d’Houphouët boigny en 1993, les trois régimes qui vont suivre vont développer une politique de ré-identification de la population en mettant à l’ écart toutes personnes aux origines ivoiriennes douteuses. Ainsi, Henri Konan Bédié, le General Robert Guéi et Laurent Gbagbo vont se rassurer qu’Alassane Dramane Ouattara (alors premier ministre au temps de Félix)  qui est suspecté d’être d’origine burkinabé ne soit pas éligible à la présidence tandis que ce dernier voulait lui aussi sa part dans le partage de l’héritage que leur a légué  « le vieux ».

 

 le concept d’ivoirité dans son applicabilité et le clivage ethnique

 Ce concept d’ivoirité a été développé en réaction  au sentiment que « les étrangers sont devenues trop nombreux ». En effet, évoqué pour la première fois le 26 aout 1995 par Henri Konan Bédié, il est basé sur la distinction entre les ivoiriens dits de souches et les ivoiriens de circonstances ; il correspond a un discours identitaire ivoirien  un peu trop réducteur ; car il promeut une hostilité  vis-à-vis des étrangers et des musulmans du nord. Déjà  en 1993, Laurent Gbagbo,  alors dans l’opposition, avait demandé une révision du code électoral dans l’optique d’interdire le vote aux étrangers .En  1998 une loi foncière réservait le droit de propriété  de la terre  aux seuls  ivoiriens dites de souches, alors qu’Houphouët boigny considérait  que « la terre appartient a celui qui la cultive ». Des milliers de paysans d’origine burkinabé furent donc expulsés.  Plus encore la constitution adoptée sous le régime Guei énonce à son article 35  que le candidat à l’élection présidentielle  doit être de père et de mère ivoiriens au même titre que leur grand  parent. Il engagea dès ce moment une politique d’identification nationale en vue de déterminer la citoyenneté  par l’appartenance à un village authentiquement  ivoirien. C’est effectivement de  cette question que s’intensifient les tensions déjà existantes dans le pays en raison de la masse de personnes concernés et de la profondeur des ressentiments .Le premier  à  ressentir cette marginalisation est Alassane Ouattara ; ressortissant  aux origines douteuses  du nord  , cet ancien premier ministre et bras droit d’Houphouët boigny , vu comme le symbole de la population musulmane pauvre du nord et comme citoyen de seconde  zone dans l’imaginaire des populations du grand sud, va très vite se sentir indigné par toutes ces manœuvres qui sont orchestrées  pour le mettre à l’écart. Ainsi, voir un DIOULA (peuple du nord confondu avec les burkinabé) briguer la présidence de la république sera « scandaleux » ; Dès lors va naitre le clivage ethnico religieux  nord-sud annonçant par là de graves soulèvements dans le pays  avec d’un coté des nordistes musulmans encouragés par les étrangers et de l’autre coté des sudistes chrétiens.

Le coup d’Etat militaire et la dégradation du climat politique.

La révision de la constitution en 1995 par Henri Konan Bédié lui permettant de se représenter jusqu4a l’âge de 75 ans va entrainer des mécontentements dans l’univers politique du pays et ce dernier va très  vite perdre sa popularité .Ainsi profitant d’un soulèvement militaire  le 24 décembre 1999 Henri Konan Bédié est renverse par l’armée et le General Guei est porte au pouvoir  en attendant la tenu de nouvelle élections. Toutefois le concept d’ivoirite est reste d’actualité dans le pays pour limiter la vie sociale des ivoiriens aux origines douteuses. Dans ces conditions une nouvelles constitution est adopte par referendum le 23 juillet 2000, cette dernière stipule   Le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct. Il n'est rééligible qu'une fois. Le candidat à l'élection présidentielle doit être âgé de quarante ans au moins et de soixante quinze ans au plus. Il doit être ivoirien d'origine, né de père et de mère eux-mêmes ivoiriens d'origine. Il doit n'avoir jamais renoncé à la nationalité ivoirienne. Il ne doit s'être jamais prévalu d'une autre nationalité. Il doit avoir résidé en Côte d'Ivoire de façon continue pendant cinq années précédant la date des élections et avoir totalisé dix ans de présence effective. L'obligation de résidence indiquée au présent article ne s’applique pas aux membres des représentations diplomatiques et consulaires, aux personnes désignées par l'État pour occuper un poste ou accomplir une mission à l'étranger, aux fonctionnaires internationaux et aux exilés politiques. Le candidat à la Présidence de la République doit présenter un état complet de bien-être physique et mental dûment constaté par un collège de trois médecins désignés par le Conseil constitutionnel sur une liste proposée par le Conseil de l'Ordre des Médecins. Ces trois médecins doivent prêter serment devant le Conseil constitutionnel. Il doit être de bonne moralité et d'une grande probité. Il doit déclarer son patrimoine et en justifier l'origine.

              Des lors une campagne d’identification  destinée à identifier  la véritable citoyenneté     des ivoiriens va être lance. Cette nouvelle constitution empêche à nouveau Alassane Ouattara de se représenter aux élections de la même année.

 « la confiscation du pouvoir » par Laurent Gbagbo

Apres plusieurs reports, l'élection présidentielle finit par avoir lieu le 31 octobre 2010. Les résultats donnent Laurent Gbagbo en tête avec environ 38 %, suivi par Alassane Ouattara avec 32 % et Henri Konan Bédié avec 25 %.  Le second tour va alors opposer Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara le 28 novembre ; 4 jours plus  tard  la commission électorale indépendante  proclame les élections  avec pour vainqueur Alassane Ouattara ; mais très vite ces résultats seront contestés par la cour constitutionnelle  qui présente Laurent Gbagbo comme vainqueur. La représentante de la diplomatie de l’UE et le secrétaire général de l’ONU considèrent pour leur part que le vainqueur de l'élection est Alassane Ouattara, les résultats du vote ayant été « certifiés » par le représentant spécial de l’ONU en Côte d’Ivoire, Young-Jin Choi. Malgré ces pressions internationales le président sortant se  maintien au pouvoir  et prête serment devant la cour constitutionnelle  le 4 décembre.  Alassane Ouattara appelle ses partisans à prendre la télévision publique le 16 décembre. Le même jour, l'armée ivoirienne fidèle à Laurent Gbagbo s’oppose par la force à cette tentative. Chaque jour, différents mots d'ordres de marches, d'inactivité et d'incitation à la révolte sont lancés par le clan Ouattara à l'égard des populations et le conflit ressurgit.

Les acteurs en présence  et leurs objectifs

Trois  grandes composantes sont présent dans ce conflit chacun défendant  plus ou moins, de façon latente ou  manifeste, son intérêt. On note entre autre les forces armées de cote d’ivoire, les forces  rebelles et les institutions internationales.

Les forces armées de cote d’ivoire

Encore appelées  forces loyalistes de cote d’ivoire, c’est l’armée régulière de ce pays ; elle voit le jour en 1960 avec l’indépendance du pays et est acquis  a la cause du président. Leurs principaux alliés sont les jeunes compatriotes et la fédération estudiantine et scolaire de cote d’ivoire. Avec pour commandants Laurent Gbagbo, le général Mangou, Charles blé Goude  et le pasteur Gammi, leur principal objectif est d’assurer  la défense du pays et de ses habitants, donc de son président. C’est ce qui explique leur fidélité au   président Gbagbo.

Les forces rebelles

Encore appelés forces armées des forces nouvelles, c’est une rébellion de près de 7000 hommes  constituées et équipées pour l'essentiel depuis le début de la crise en 2002.  Le mouvement   rebelle a pu émerger et prendre autant d'importance avec le climat politique insoutenable qui suit l'élection contestée de Gbagbo en 2000, notamment à cause du concept d'ivoirité et des tentations xénophobes qui exclut tout un panel de la population de la vie politique. Ainsi, le mouvement rebelle est concentré dans le nord et vers les frontières du pays, là ou l'on retrouve une grande part d'étrangers, ou de musulmans qui sont parfois considérés comme de mauvais ivoiriens par les catholiques, alors qu'ils existent dans les mêmes proportions (35%). Le mouvement rebelle est aussi apparu en contestation d'abus et de discriminations menés par la police et les gendarmes. Elles sont renforcées par des supplétifs ivoiriens et probablement non ivoiriens dont de nombreux chasseurs traditionnels (Dozo). Leurs objectifs se résument  à  la prise du pouvoir par tous les moyens pour contrôler les élans de xénophobies et d’exclusion dont ils prétendent être victime. Ils ont pour principaux commandant Alassane Dramane Ouattara, Guillaume Sorø, General  Watao, Soumaila Bakayoko et Mathias Doué.

Les institutions internationales

Même si leur rôle reste aux yeux de certains observateurs, très controversé, elles sont avant tout des forces de maintien de la paix, leur position est donc a priori neutre. Elles sont constituées des forces de l'opération des nations unies en cote d’ivoire (ONUCI), des forces françaises : le 43e   BIMA  et les troupes envoyées dans le cadre de l’opération licorne et sous mandat de L’ONU  soit 3 000 hommes en février 2003 et 4 600 en novembre 2OO4, des soldats de la CEDEAO, des casques blancs, eux aussi sous mandat de l'ONU.

Manifestations du conflit

Si l’on considère la mort de Félix Houphouët boigny comme le début du cataclysme ivoirien, on pourrait regrouper le conflit ivoirien en trois grandes phases avec des manifestations plus ou moins violentes ; la première qui va de 1993 à 2002, la deuxième qui va de 2002 à 2007 et la troisième qui va de 2010 à  2011.

Le conflit de 1993-2002

La succession d’Houphouët  Boigny par Aimé Henri Konan Bédié qui assure l’intérim en tant que président de l’assemblée nationale va s’accompagner d’une révision du code électorale le 8 décembre 1994, un an avant les élections présidentielles. Le 22 octobre 1995, contre un seul candidat, Henri Konan Bédié est élu président de la Côte d'Ivoire ; trois ans plu tard, le 24 décembre 1999, il est renversé par l’armée et le General robert Guei est porté au pouvoir le 23 juillet 2000. Ce dernier va  à  son tour modifier la constitution  empêchant par là même des ivoiriens nés d’un seul parent ivoirien  à  se présenter aux élections présidentielle de la même année. Le 26 Octobre  après des affrontements entre pro-Gbagbo et pro-Ouattara dus au rejet de la candidature de ce dernier, Laurent Gbagbo  sera élu président contre Robert Guei. Apres quelques balbutiements  cette élection sera reconnue par la cour suprême et la communauté internationales ; victime d’une sorte d’exclusion et d’injustice Ouattara quitte le gouvernement avec  certaines autres personnalités de l’armée et du gouvernement.  Le 19 septembre 2002, Une tentative de coup d'État par les rebelles   venu du nord (fief  politique d’Ouattara)  a lieu de manière simultanée à Abidjan, Bouake  et Korhogo. Trois cents personnes, parmi  lesquelles des syndicalistes, étudiants, communistes, des membres de l'opposition et du gouvernement, et des étrangers, ont été assassinées.

Le conflit entre 2002-2007

 

Cette phase de la guerre est la plus meurtrière ; en effet  les jours qui ont suivi la tentative de putsch du 19 septembre ont constitué une véritable boucherie humaine. Dans  la zone contrôlée par le gouvernement, de nombreux massacres d'étrangers ont eu lieu. Les disparitions signalées aux forces de l'ordre ne donnent généralement pas lieu à des enquêtes. Tous les partis politiques d'opposition et les syndicats déplorent la disparition de plusieurs de leurs militants, disparition attribuée aux ESCADRONS DE LA MORT, composés de militaires, policiers et miliciens. D'un autre côté, les détentions arbitraires et sans jugement se multiplient. Les viols sur les femmes adultes ou sur les enfants sont extrêmement nombreux, souvent accompagnés d'actes de barbarie, sur tout le territoire de la Côte d’Ivoire. Plusieurs communautés religieuses (notamment les musulmans) sont victimes d'exactions dans le sud du pays. Le 28 novembre 2002  le Mouvement populaire ivoirien du Grand Ouest (MPIGO) et le Mouvement pour la Justice et la Paix (MJP), deux nouveaux mouvements rebelles, prennent le contrôle des villes de Man et Danané, dans l'Ouest. La France pousse à la négociation alors que  les rebelles et Gbagbo ne    pensaient qu'en découdre et les mutineries continuent. C’est dans ces conditions qu’interviennent  les accords de Marcoussis du 26 janvier 2003 qui maintiennent Gbagbo au pouvoir jusqu'à la tenu de nouvelle élections et donnent l’avalise à la France  et à la CEDEAO d’intervenir militairement en cote d’ivoire , la situation connait  alors une  légère stabilité ;  Seulement  le  6 novembre 2004  cette stabilité sera perturbée par un événement imprévu : l'aviation ivoirienne bombarde (selon le gouvernement ivoirien par erreur) la base française de Bouaké faisant neuf morts et 37 blessés, les français détruisent alors les bases militaires de l'armée loyaliste pour éviter qu'elle n'attaque les rebelles ou encore les français. En fait, les loyalistes voulaient lancer des offensives en terrain rebelle mais les français les en empêchaient. Le sentiment anti-étranger refait surface  et on assiste à des lynchages. Les processus de paix reprennent au bout de quelques semaines. Le 4 mars 2007 pendant les accords d’Ouagadougou, l'amnistie est signée entre les rebelles et leur représentant, Guillaume Sorø, et le pouvoir de Gbagbo.

Le conflit entre 2010-2011

             L’imbroglio observé autour de la proclamation des résultats des élections présidentielles d’octobre 2010 replonge le pays dans une situation chaotique avec des affrontements entre pro-Gbagbo et pro-Ouattara. Les observateurs de l'ONU chargés des droits humains font état, entre le 16 et le 21 décembre, de « 173 meurtres, 90 cas de tortures et mauvais traitements, 471 arrestations, 24 cas de disparitions forcées » en Côte d'Ivoire ; Les partisans de Ouattara font état de la présence de mercenaires libériens embauchés depuis début décembre par le camp de Gbagbo tandis que des milliers de personnes quittent le pays  dont 14 000 vers le Libéria. Le 24 février, on évoque la reprise de tirs "à l'arme lourde" dans des quartiers pro-Ouattara d'Abidjan.  Le 6 mars, la ville de Toulepleu  proche de la frontière avec le Liberia tombe aux mains des hommes d’Ouattara ;  Tandis que Bloléquin ville située à une quarantaine de kilomètre à l'est, tombe le 21 mars. Le 29 mars, les rebelles continuent leur progression et après avoir investis Daloa  et Duekoué, ils prennent le contrôle d'issia , dans l'ouest, et d’Abengourou, à 200 km au nord-est d'Abidjan . Le lendemain, 30 mars, ils prennent la capitale politique du pays Yamoussoukro, après avoir pris le contrôle de Tiebissou, située à 40 km au nord de Yamoussoukro, et de Soubré, située à 130 km au nord de San Pedro , premier port mondial pour les exportations de fèves de cacao avec plus de la moitié de la récolte ivoirienne (1,2 million de tonnes) qui y transite. Cette dernière ville est investie dans la soirée du 30 mars. Après dix jours de combats et avec l'appui des troupes de l'ONUCI et de la Force  Licorne, les partisans d'Alassane Ouattara arrêtent Laurent Gbagbo le 11 avril 2011.

 

 

II- APPROCHES ET TENTATIVES  DE RESOLUTION

 

A l’époque  ou faire la guerre  était un droit régalien des  Etats, la prévention des conflits tournait autour d’une culture de la paix conforme à l’adage  « qui veut la paix prépare  la guerre ». Toute fois depuis la création de l’ONU et le bannissement de ce droit, la culture de la  paix  à adopté une nouvelle ligne de conduite  qui se résume à la fameuse formule du sociologue français Gaston Bouthoul selon laquelle « qui veut la paix  connait la guerre » selon ce polémologue, pour prétendre mettre fin a une guerre, ou tout au moins la prévenir, il faudrait au préalable comprendre le conflit de départ, l’analyser, le scruter pour envisager des solutions .A cet égard, depuis l’apparition du conflit ivoiro-ivoirien plusieurs approches et tentatives de résolutions de conflits ont été mobilisées pour rendre compte de cette réalité devenu légion dans la sous région . Parmi ces approches on peut noter les accords, les interventions militaires pour ne citer que celles là.

 

Les accords

 

La crise politico militaire en cote d’ivoire  commence le 19 septembre 2002 juste après l’élection de Gbagbo avec l’avancée  des rebelles venu du nord. Des lors plusieurs accords  ont été signe pour une probable sortie de crise  a l’instar de celui de Linas –Marcoussis  du 24 janvier 2003 et celui Ouagadougou de 2007.

 

Accord de Linas Marcoussis

 

            Dans le but de tenter  un rapprochement, les deux parties en conflit sont invitées  par la  France a Linas-Marcoussis   afin de trouver un compromis pour sortir de la crise .ainsi  le 26 janvier 2003 les accords Kléber, dits de Marcoussis  sont signes  et stipulent que ;

 

Le président Gbagbo est maintenu au   pouvoir jusqu'à de nouvelles élections

Les opposants sont invités dans un gouvernement de réconciliation et obtiennent les ministères de la Défense et de l'Intérieur

Des soldats de la CEDEAO et 4 000 soldats français de l'Opération Licorne sont placés entre les belligérants pour éviter une reprise du conflit

         Toutefois une brusque crispation en novembre 2004, liée au bombardement de l’armée française a Bouaké  par l’armée loyaliste qui visait plutôt les rebelles, remet en cause toutes les avances obtenues  depuis la signature de  cet accord et une promesse de règlement finale se dessine enfin  avec la signature d’un nouvel accord politique, celui d’Ouagadougou en 2007.

Accords de Ouagadougou

À la différence des précédents accords, un dialogue direct s'est établi entre les deux parties le 4 mars 2007 avec comme seuls négociateurs externes le président Blaise Compaoré et la communauté catholique Sant’ Egidio qui a œuvré très discrètement depuis les accords de Marcoussis. Cet accord a conduit le président Gbagbo à nommer le 29 mars Guillaume Sorø chef d'un gouvernement de transition dont la liste des membres est fixée par décret le 7 avril. Dans la perspective d'une sortie de crise, une ordonnance  est publiée le 12 avril.  Elle proclame une amnistie sauf pour les infractions économiques. Un des principaux points est une procédure de révision des listes électorales qui devraient permettre l’inscription de trois millions de nouveaux électeurs

Néanmoins cet accord sera remis en cause à l’élection présidentielle         prévue pour 2010.

2 –la flamme de la paix

            Dans la volonté manifeste du peuple ivoirien de sortir définitivement  de la crise, une cérémonie baptisée flamme de la paix a été organisée pour la première fois  le 30 juillet 2007 pour sceller la paix en cote d’ivoire. En présence de nombreuses personnalité aux rangs desquels les chefs d’état africains  et des membres du gouvernement ivoirien, la flamme de la paix célébrer au stade de Bouake constituait un évènement qui devrait marque la fin de la crise ivoirienne ; elle s’est effectuée suivant les axes suivant ;

Un défilé militaire

Une remise croisée d’armes de Philippe Mangou et Soumaïla Bagayoko (Chefs d’État Major des deux armées ex-belligérantes) au Premier Ministre et au Chef de l’État.

Un découpage à la meule électrique par les deux généraux d’un canon de 105 mm qui rejoindra les autres armes sur le bûcher.

La Flambe de la Paix, venue de Tiebissou a fait le tour du Stade en passant par les éléments des deux armées et du contingent Onusien, avant de parvenir aux Chefs d’État présents qui la transmettront les uns aux autres.

Laurent Gbagbo et Soro Guillaume ont allumé tout deux, le bûcher dressé au milieu du stade, détruisant du coup un impressionnant stock d’armes qui, il n’y a pas encore longtemps, ont servi à donner la mort.

 

3- Les élections présidentielles de 2010

Reportées  plusieurs fois pour cause d’instabilité  sociopolitique les élections présidentielles qui devraient matérialiser la fin de la crise et traduire dans les faits les accords jusqu’ici signés  vont finalement avoir lieu en octobre 2010. Toutefois et contre toute attente celle-ci vont déboucher sur une nouvelle confrontation armée ;

III – PERSPECTIVES  POLEMOGIQUES

Apres avoir présenter et élucider  les différentes tentatives de résolutions du conflit ivoiro-ivoirien qui ont toutes échouées  fautes d’une prise en compte d’un certains  nombre de paramètres  psychosociologiques, historiques et institutionnelles du problème, la tache nous incombe à  présent d’élaborer  une grille de lecture  prospectiviste  pour une culture de la paix  en Afrique. Chemin faisant, plusieurs perspectives polémologiques  sont envisageables pour mettre fin au  présent cas ivoirien ; on peut les regrouper en deux grandes  catégories  à savoir les perspectives  préventives ou prévisionnistes et les perspectives liées à la gestion du conflit.

 

Les perspectives préventives ou prévisionnistes

 

le changement du model de l’Etat importé

 

      L’une des particularités du continent africain étant sa diversité ethnique et culturelle, le model d’Etat-nation qui obéit aux principes propre à l’occident  s’avère  inadapté à ce contexte. En effet, après  les indépendances, l’Afrique a hérité  d’un déterminisme occidental qui s’étend  de la politique aux religieux en passant par les systèmes  culturels  et  administratif. Ce model est perpétué  aujourd’hui à travers  la mondialisation et  constitue l’une des causes de la conflictualité en Afrique ;puisqu’il ne tient pas compte de la diversité idéologique  et culturel ,il devient  belligène  par sa nature  qui est antinomique  aux logiques  sociales ,normes ,institutions et valeurs des sociétés  africaines. Ainsi en observant le problème  ivoirien de plus près, on peut de manière efficiente  constater  qu’il tient son fondement de cette logique. Dès lors, l’une des perspectives polémologiques  à ce conflit passe par la prise en compte  de l’échec  du model de l’Etat-nation  d’une part et la nécessité de réinvention  du model  negro –africain de l’Etat multinational ou multiethnique. Il  s’gira plus concrètement  dans ce présent  cas de cerner le paradoxe sociologique  de la structuration sociales  en temps de guerre  de ce pays, notamment  du clivage ethnique nord-sud. Cette entreprise passe par :

Une réhabilitation des  nations précoloniales, dites ethnies  en modifiant la constitution

Fonder le mode de légitimation de l’Etat  sur la multi nationalité  et la citoyenneté

Axer l’organisation  de l’Etat  sur le fédéralisme  intégral, la souveraineté  divisible et la faillibilité des majorités

Fonder la démocratie  participative  sur la republicanisation du pouvoir traditionnel

Fonder le pouvoir parlementaire et judiciaire sur la culture politique de l’arbre à palabre et du conseil de sage

Limiter les mandats à un seul non renouvelable

Eliminer les candidatures des deux anciens  postulants  et leurs alliés respectifs

Organiser les élections  dans ces conditions

la collaboration active entre les chefs des communautés ethniques et religieux

                 Cinquante ans d’indépendance  après, la situation   géopolitique  de l’Afrique n’a pas  beaucoup  changé ; c’est  toujours un continent  aux multiples coups d’Etat et guerres civiles. cette état  de chose est d’autant plus grave qu’il a engendré  des difficultés d’ordre politique, économique et social, synonyme de la faillite de l’Etat , poussant   les populations aujourd’hui  à se replier à  leur appartenance ethniques  ou a s’orienter vers les autorités coutumières  et religieux. En effet ,quelque soit le cas on ne peut ignorer l’aspect psychologique de l’appartenance ethnique et religieuse ; ainsi trouver  des solutions à cette manifestations de l’identité ethnique et religieux  fondée sur la réalité sociale, culturelle, politique et économique en cote d’ivoire parait crucial pour la résolution  du conflit dans ce pays. En outre l’impact désastreux  de cette crise  sur les populations  et les référentiels identitaires  très souvent  évoqués  pour justifier  les interventions  militaires et les expéditions  punitives meurtrières  ont permis  d’élaborer  de nouvelles  perspectives qui  prennent en compte la multitude d’ethnie et la laïcité  de ce pays . Dès lors il faudrait :

Mettre en place un espace de concertation intra confessionnels et interprofessionnels  pour la culture de la paix

Encourager le dialogue interethnique

Renforcer l’éducation civique des populations

Combattre le clivage ethnique

 

 Sécurisation des frontières et démilitarisation de la société  civile

 

Les perspectives liées à la gestion  du conflit

 

Même indépendamment de la cote d’ivoire, de nombreux acteurs peuvent contribuer  à une action  managériale efficace dans ce conflit. Ces acteurs  vont de l’organisations des nations unies et autres organisations  internationales  et sous régionales  au secteur  privé et  à la société civile. Ainsi parmi  ces actions  on peut noter d’une part  le recours à la voie  diplomatique par médiation et concertations ; d’autre part  le rôle des medias, desassociations des femmes et des jeunes.

 

La diplomatie et les concertations

 

Le recours à  une force d’interposition  et à des observateurs  considérés comme neutre  est une solution, même si généralement  ce sont  les négociations  et arbitrages des hommes politiques  qui sont privilégiées. Il faudrait  dans ce sens   prendre aussi en compte  les négociations  des hommes d’église qui ont  particulièrement  un rôle spécifique  à jouer. En tant qu’agent  du changement et de la coexistence  pacifique, ils doivent non seulement  faciliter  la collaboration et les concertations  entre le gouvernement et la société  civile, mais aussi  négocier  une table de discussions entre les différents  camps. Une rencontre entre les imams et les prêtres  pourrait  compléter  l’action des hommes politique  en offrant une analyse  utile  de la situation sur le terrain ,en forgeant  des partenariats  en vue d’appliquer  les  décisions ,en renforçant  la viabilité  des  opérations  et en créant  des réseaux   prônant  la consolidation  de la paix . Ils constitueraient  donc, si ce n’était  leur silence complice  depuis le début du conflit, un bon moyen  de sensibilisation  et d’implication  des populations locales.

Par ailleurs, les institutions doivent êtres  conçues  pour régler  le conflit sans recourir à la violence grâce à une action forte positive. Pour cela, un système juridique  fiable  doit être  élaborer ,l’objectif  étant de créer  des infrastructures  nationales  au services de la paix .Ces derniers  doivent  faire appel aux différents  intervenants  nationaux  et internationaux  qui ont divers rôles  à  jouer concernant  l’élimination  des sources  de tensions  et le renforcement  des infrastructures  de la paix ; il s’agit d’indexer ici la CEDEAO, l’UA, l’UEMOA … qui devrait agir de façon indépendante.

 

Le rôle des  médias,  des  femmes et  des  jeunes

Les medias disposent des moyens considérables  pour influencer le débat et déterminer les  questions  qui requièrent  la plus grande attentions. Ainsi , contrairement au rôle  joué par la RTI qui  relayait des informations  visant à déstabiliser  un camp et à susciter  des révoltes  dans la psychologies des autres, les medias  doivent  rester neutre  en facilitant le dialogue  inter factions . Les divers  medias  peuvent aussi donner rapidement  l’alerte  et inciter à agir  dans certaines  situations ; la libre communication et le dialogue ouvert  sont essentiels  pour le règlement  pacifique  et constructif  du conflit.

Dans ce contexte du processus de dialogue ,les efforts  doivent  être  entrepris  afin de faire entendre  la voie des femmes  et d’y faire écho ;elles  qui sont considérées  comme des cibles privilégiées  en raison de leur  situations de victimes ,mais aussi de leur position sociales . Elles qui sont souvent presqu’absentes  de la table  des décideurs  alors  que leur capacité  à contribuer  à la  prévention  des conflits  et au dialogue  constructif  est considérable  mais insuffisamment exploités.  L’émergence  d’un leadership féminin   en faveur de la paix  doit donc être  considérer  comme une priorité pour sortir  de ce conflit

Par ailleurs, les conflits  doivent être  gérés  avec les jeunes  générations  pour éviter qu’elles  alimentent le cycle  de la violence  à travers  le procédé   sociologique de la socialisation. Des actions  qui visent à encadrer  les  jeunes  en vue d’une réinsertion  sociale  des enfants  orphelins de guerre doivent  voir le jour pour limiter le cycle infernal  de la vengeance  dans  les  localités les plus touchées  comme Duékoué ,Bloléquin et Toulepleu ; les jeunes  devrait donc focaliser l’attention de l’opinion publique  dans des initiatives  de communications  et de sensibilisation allant dans la logique  du « plus jamais ça !!! »

 

                                                                     par simon landry minkeng

                                                                     TEL: +237 76317317

                                                                     email: rezy.mike@yahoo.fr        

                                                    

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