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La cote d’ivoire est un pays d’Afrique de l’ouest, d’une superficie de 322473 km2, elle est ouverte au sud par l’océan atlantique à travers le golfe de guinée, limitrophe à l’ouest par le Liberia et la guinée, au nord par le mali et le Burkina Faso et à l’est par le Ghana. Son territoire est divisé en 19 régions avec une population estimée à 18.4 millions d’habitants en 2008 avec quatre a cinq millions d’étrangers, soit environ un tiers de sa population. Son peuplement est très diversifié, on y dénombre alors un peu plus de 60 ethnies parlant à peu près 70 langues locales et le français comme langue officielle. Sur le plan religieux, l’islam et le christianisme viennent en tête avec respectivement 38 % et 22% d’adeptes chacun ; le reste de la population est demeuré fidele à la religion traditionnelle et tribale. Sur le plan économique, la cote d’ivoire constitue un pole économique régional important, son PIB représente 40% de celui de l’union économique et monétaire d’Afrique de l’ouest (UEMOA). Déjà en 1960, elle opte pour une économie libérale ouverte a l’aide et aux investissements étrangers, ce qui lui permet de connaître une croissance exceptionnelle en 1970, faisant ainsi intervenir de nombreux travailleurs de pays voisins ; on la qualifie dès lors de « locomotive d’Afrique de l’ouest ». Grâce à ses richesses agricoles, ses vastes étendues de terres très fertiles et aux cours mondiaux favorables du cacao et du café, ce pays est devenue premier exportateur mondial de cacao (assurant 45 % des exportations mondiales) et quatrième exportateur de café. Avec cette aptitude agricole considérable, le pays attise de vives convoitises de la part des grandes puissances capitalistes. Sur le plan politique, la cote d’ivoire obtient son indépendance le 7 aout 1960 avec pour président Félix Houphouët Boigny élu en novembre de la même année. Ce dernier impose un pouvoir personnel (le paternalisme) en jouant habilement sur les divisions ethnique, qui déjà constituaient une réalité, mieux encore un problème de fond au sein de cet Etat alors prospère. Cependant sa mort en 1993, à laquelle va se greffer le processus de démocratisation de l’Afrique entamer 3 ans au paravent va marquer le début du cataclysme post-Houphouët ; puisque non seulement le problème des divisions ethnique va resurgir, la transition du régime du parti unique au régime multi partisan va s’avérer très difficile. Ceci va plonger le pays dans une crise au triple plan social, économique et politique marqué par un conflit armé apposant « des ivoiriens au ivoiriens » ; lequel conflit fait aujourd’hui l’objet de préoccupations tant chez des politiques que chez des hommes de science, notamment les polémologues, dans le but de trouver des voies de sorties a cette crise . Le travail qui nous incombe donc ici consistera à nous interroger sur les fondements réels de ce conflit ainsi que ses répercussions sociologiques et psychologiques pour en proposer des substituts relatifs. Il s’agira de tenter de répondre, en guise de prolégomènes à toute démarche polémologique, aux questions : quelles sont les pulsions belliqueuses qui conduisent à ce conflit ? N’y aurai t-il pas de solutions alternatives ? Pour y parvenir nous allons davantage nous atteler a ressortir les hypothèses et théories permettant de dégager les facteurs de ce conflits.
I- LE CONFLIT IVOIRO-IVOIRIEN : UNE CRISE POLITICO-MILITAIRE
La situation que traverse la cote d’ivoire ces dernières décennies rentre dans la logique d’une ambiance pratiquement dysphorique que connait la plupart des pays africains au sud du Sahara depuis leur indépendance, et surtout, depuis l’avènement de la démocratie occidentale. Une observation globale et globalisante de ces situations conflictuelles laisse entrevoir des crises qui ont toutes à voir avec la quête du pouvoir politique et la gestion de la période pré/ postélectorale. Le présent cas ivoirien, loin d’être l’apanage d’une société particulièrement belliqueuse, nous interpelle dans l’optique de cerner les rouages et les mécanismes qui sou tendent ce conflit. Ainsi quelles sont ses causes ? Qui sont les acteurs –leurs objectifs ? Comment se manifeste le conflit ? Voila quelques questions auxquelles nous allons essayer d’apporter des éléments réponses dans cette partie de notre investigation.
Les origines du conflit
Plusieurs causes, tant immédiates que lointaines, constituent le fondement originel de ce conflit. Toutefois pour des soucis de précision et de concision il sera question de présenter celles qui sont plus objectivables ; il s’agit entre autre de la politique paternaliste du président Félix Houphouët boigny, du concept d’ivoirité dans son applicabilité et le clivage ethnique, du coup d’Etat militaire et la dégradation du climat politique, de la confiscation du pouvoir par Laurent Gbagbo.
La politique paternaliste de Félix Houphouët boigny
Né a Yamoussoukro en 1905 ce fils de paysan de part son charisme va marquer l’histoire de plusieurs génération dans son pays. Déjà roi de sa tribu à l’âge de cinq ans, il va suivre des études de médecine avant de fonder en 1944, un syndicat d’agriculteur africain qui sera à l’origine du PDCI (parti démocratique de cote d’ivoire). Leader incontesté de cette formation politique il devient logiquement président de la république de cote d’ivoire qu’il gère d’une main de fer dès son indépendance en 1960 à travers un pouvoir présidentiel fort lui permettant de maintenir, selon lui, l’unité nationale dans un pays de plus d’une soixantaine d’ethnies . Dès lors il engage son pays dans un vaste programme de développement et d’industrialisation à travers le libéralisme économique ; lequel programme va plonger ce pays dans une autosuffisance alimentaire à outrance et à une croissance économique sans pareil en Afrique, il sera même qualifié de « paradis économique », attirant par là même des vagues de travailleurs étrangers, notamment des burkinabé, des guinéens, des ghanéens et des maliens pour ne citer que ceux là. Mais ce petit paradis d’Afrique de l’ouest n’était en fait que « le grand d’arbre qui cache la forêt », car au delà, c’est un pays ou les divisions ethniques, auxquelles vont s’ajouter la xénophobie et l’exclusion, vont grandissantes, puisque « les ivoiriens de souche » vont davantage se sentir envahis par l’étranger. En effet, Félix Houphouët boigny avait su étouffer toutes ces querelles internes en distribuant des postes ministériels a différentes factions de la population et, comme le veut l’adage, « on ne parle pas la bouche pleine », ce qui lui permettait de mieux diviser pour mieux régner en maintenant ainsi un équilibre entre différents groupes et en empêchant l’émergence d’un groupe plus puissant que les autres. Et cela lui réussissait tant que la situation économique restait stable. Cependant avec la crise économique de 1980 ayant entrainé la raréfaction de la manne et que les institutions commençaient à pressurer le pays, ces tentions vont prendre un caractère aigu télescopant brutalement les questions économiques, politiques et sociales, car les locaux vont estimer que la chute de leur économie est redevable aux immigrés (qui déjà constitue plus de 26 %de la population totale ivoirienne). Et, logiquement après la mort d’Houphouët boigny en 1993, les trois régimes qui vont suivre vont développer une politique de ré-identification de la population en mettant à l’ écart toutes personnes aux origines ivoiriennes douteuses. Ainsi, Henri Konan Bédié, le General Robert Guéi et Laurent Gbagbo vont se rassurer qu’Alassane Dramane Ouattara (alors premier ministre au temps de Félix) qui est suspecté d’être d’origine burkinabé ne soit pas éligible à la présidence tandis que ce dernier voulait lui aussi sa part dans le partage de l’héritage que leur a légué « le vieux ».
le concept d’ivoirité dans son applicabilité et le clivage ethnique
Ce concept d’ivoirité a été développé en réaction au sentiment que « les étrangers sont devenues trop nombreux ». En effet, évoqué pour la première fois le 26 aout 1995 par Henri Konan Bédié, il est basé sur la distinction entre les ivoiriens dits de souches et les ivoiriens de circonstances ; il correspond a un discours identitaire ivoirien un peu trop réducteur ; car il promeut une hostilité vis-à-vis des étrangers et des musulmans du nord. Déjà en 1993, Laurent Gbagbo, alors dans l’opposition, avait demandé une révision du code électoral dans l’optique d’interdire le vote aux étrangers .En 1998 une loi foncière réservait le droit de propriété de la terre aux seuls ivoiriens dites de souches, alors qu’Houphouët boigny considérait que « la terre appartient a celui qui la cultive ». Des milliers de paysans d’origine burkinabé furent donc expulsés. Plus encore la constitution adoptée sous le régime Guei énonce à son article 35 que le candidat à l’élection présidentielle doit être de père et de mère ivoiriens au même titre que leur grand parent. Il engagea dès ce moment une politique d’identification nationale en vue de déterminer la citoyenneté par l’appartenance à un village authentiquement ivoirien. C’est effectivement de cette question que s’intensifient les tensions déjà existantes dans le pays en raison de la masse de personnes concernés et de la profondeur des ressentiments .Le premier à ressentir cette marginalisation est Alassane Ouattara ; ressortissant aux origines douteuses du nord , cet ancien premier ministre et bras droit d’Houphouët boigny , vu comme le symbole de la population musulmane pauvre du nord et comme citoyen de seconde zone dans l’imaginaire des populations du grand sud, va très vite se sentir indigné par toutes ces manœuvres qui sont orchestrées pour le mettre à l’écart. Ainsi, voir un DIOULA (peuple du nord confondu avec les burkinabé) briguer la présidence de la république sera « scandaleux » ; Dès lors va naitre le clivage ethnico religieux nord-sud annonçant par là de graves soulèvements dans le pays avec d’un coté des nordistes musulmans encouragés par les étrangers et de l’autre coté des sudistes chrétiens.
Le coup d’Etat militaire et la dégradation du climat politique.
La révision de la constitution en 1995 par Henri Konan Bédié lui permettant de se représenter jusqu4a l’âge de 75 ans va entrainer des mécontentements dans l’univers politique du pays et ce dernier va très vite perdre sa popularité .Ainsi profitant d’un soulèvement militaire le 24 décembre 1999 Henri Konan Bédié est renverse par l’armée et le General Guei est porte au pouvoir en attendant la tenu de nouvelle élections. Toutefois le concept d’ivoirite est reste d’actualité dans le pays pour limiter la vie sociale des ivoiriens aux origines douteuses. Dans ces conditions une nouvelles constitution est adopte par referendum le 23 juillet 2000, cette dernière stipule Le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct. Il n'est rééligible qu'une fois. Le candidat à l'élection présidentielle doit être âgé de quarante ans au moins et de soixante quinze ans au plus. Il doit être ivoirien d'origine, né de père et de mère eux-mêmes ivoiriens d'origine. Il doit n'avoir jamais renoncé à la nationalité ivoirienne. Il ne doit s'être jamais prévalu d'une autre nationalité. Il doit avoir résidé en Côte d'Ivoire de façon continue pendant cinq années précédant la date des élections et avoir totalisé dix ans de présence effective. L'obligation de résidence indiquée au présent article ne s’applique pas aux membres des représentations diplomatiques et consulaires, aux personnes désignées par l'État pour occuper un poste ou accomplir une mission à l'étranger, aux fonctionnaires internationaux et aux exilés politiques. Le candidat à la Présidence de la République doit présenter un état complet de bien-être physique et mental dûment constaté par un collège de trois médecins désignés par le Conseil constitutionnel sur une liste proposée par le Conseil de l'Ordre des Médecins. Ces trois médecins doivent prêter serment devant le Conseil constitutionnel. Il doit être de bonne moralité et d'une grande probité. Il doit déclarer son patrimoine et en justifier l'origine.
Des lors une campagne d’identification destinée à identifier la véritable citoyenneté des ivoiriens va être lance. Cette nouvelle constitution empêche à nouveau Alassane Ouattara de se représenter aux élections de la même année.
« la confiscation du pouvoir » par Laurent Gbagbo
Apres plusieurs reports, l'élection présidentielle finit par avoir lieu le 31 octobre 2010. Les résultats donnent Laurent Gbagbo en tête avec environ 38 %, suivi par Alassane Ouattara avec 32 % et Henri Konan Bédié avec 25 %. Le second tour va alors opposer Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara le 28 novembre ; 4 jours plus tard la commission électorale indépendante proclame les élections avec pour vainqueur Alassane Ouattara ; mais très vite ces résultats seront contestés par la cour constitutionnelle qui présente Laurent Gbagbo comme vainqueur. La représentante de la diplomatie de l’UE et le secrétaire général de l’ONU considèrent pour leur part que le vainqueur de l'élection est Alassane Ouattara, les résultats du vote ayant été « certifiés » par le représentant spécial de l’ONU en Côte d’Ivoire, Young-Jin Choi. Malgré ces pressions internationales le président sortant se maintien au pouvoir et prête serment devant la cour constitutionnelle le 4 décembre. Alassane Ouattara appelle ses partisans à prendre la télévision publique le 16 décembre. Le même jour, l'armée ivoirienne fidèle à Laurent Gbagbo s’oppose par la force à cette tentative. Chaque jour, différents mots d'ordres de marches, d'inactivité et d'incitation à la révolte sont lancés par le clan Ouattara à l'égard des populations et le conflit ressurgit.
Les acteurs en présence et leurs objectifs
Trois grandes composantes sont présent dans ce conflit chacun défendant plus ou moins, de façon latente ou manifeste, son intérêt. On note entre autre les forces armées de cote d’ivoire, les forces rebelles et les institutions internationales.
Les forces armées de cote d’ivoire
Encore appelées forces loyalistes de cote d’ivoire, c’est l’armée régulière de ce pays ; elle voit le jour en 1960 avec l’indépendance du pays et est acquis a la cause du président. Leurs principaux alliés sont les jeunes compatriotes et la fédération estudiantine et scolaire de cote d’ivoire. Avec pour commandants Laurent Gbagbo, le général Mangou, Charles blé Goude et le pasteur Gammi, leur principal objectif est d’assurer la défense du pays et de ses habitants, donc de son président. C’est ce qui explique leur fidélité au président Gbagbo.
Les forces rebelles
Encore appelés forces armées des forces nouvelles, c’est une rébellion de près de 7000 hommes constituées et équipées pour l'essentiel depuis le début de la crise en 2002. Le mouvement rebelle a pu émerger et prendre autant d'importance avec le climat politique insoutenable qui suit l'élection contestée de Gbagbo en 2000, notamment à cause du concept d'ivoirité et des tentations xénophobes qui exclut tout un panel de la population de la vie politique. Ainsi, le mouvement rebelle est concentré dans le nord et vers les frontières du pays, là ou l'on retrouve une grande part d'étrangers, ou de musulmans qui sont parfois considérés comme de mauvais ivoiriens par les catholiques, alors qu'ils existent dans les mêmes proportions (35%). Le mouvement rebelle est aussi apparu en contestation d'abus et de discriminations menés par la police et les gendarmes. Elles sont renforcées par des supplétifs ivoiriens et probablement non ivoiriens dont de nombreux chasseurs traditionnels (Dozo). Leurs objectifs se résument à la prise du pouvoir par tous les moyens pour contrôler les élans de xénophobies et d’exclusion dont ils prétendent être victime. Ils ont pour principaux commandant Alassane Dramane Ouattara, Guillaume Sorø, General Watao, Soumaila Bakayoko et Mathias Doué.
Les institutions internationales
Même si leur rôle reste aux yeux de certains observateurs, très controversé, elles sont avant tout des forces de maintien de la paix, leur position est donc a priori neutre. Elles sont constituées des forces de l'opération des nations unies en cote d’ivoire (ONUCI), des forces françaises : le 43e BIMA et les troupes envoyées dans le cadre de l’opération licorne et sous mandat de L’ONU soit 3 000 hommes en février 2003 et 4 600 en novembre 2OO4, des soldats de la CEDEAO, des casques blancs, eux aussi sous mandat de l'ONU.
Manifestations du conflit
Si l’on considère la mort de Félix Houphouët boigny comme le début du cataclysme ivoirien, on pourrait regrouper le conflit ivoirien en trois grandes phases avec des manifestations plus ou moins violentes ; la première qui va de 1993 à 2002, la deuxième qui va de 2002 à 2007 et la troisième qui va de 2010 à 2011.
Le conflit de 1993-2002
La succession d’Houphouët Boigny par Aimé Henri Konan Bédié qui assure l’intérim en tant que président de l’assemblée nationale va s’accompagner d’une révision du code électorale le 8 décembre 1994, un an avant les élections présidentielles. Le 22 octobre 1995, contre un seul candidat, Henri Konan Bédié est élu président de la Côte d'Ivoire ; trois ans plu tard, le 24 décembre 1999, il est renversé par l’armée et le General robert Guei est porté au pouvoir le 23 juillet 2000. Ce dernier va à son tour modifier la constitution empêchant par là même des ivoiriens nés d’un seul parent ivoirien à se présenter aux élections présidentielle de la même année. Le 26 Octobre après des affrontements entre pro-Gbagbo et pro-Ouattara dus au rejet de la candidature de ce dernier, Laurent Gbagbo sera élu président contre Robert Guei. Apres quelques balbutiements cette élection sera reconnue par la cour suprême et la communauté internationales ; victime d’une sorte d’exclusion et d’injustice Ouattara quitte le gouvernement avec certaines autres personnalités de l’armée et du gouvernement. Le 19 septembre 2002, Une tentative de coup d'État par les rebelles venu du nord (fief politique d’Ouattara) a lieu de manière simultanée à Abidjan, Bouake et Korhogo. Trois cents personnes, parmi lesquelles des syndicalistes, étudiants, communistes, des membres de l'opposition et du gouvernement, et des étrangers, ont été assassinées.
Le conflit entre 2002-2007
Cette phase de la guerre est la plus meurtrière ; en effet les jours qui ont suivi la tentative de putsch du 19 septembre ont constitué une véritable boucherie humaine. Dans la zone contrôlée par le gouvernement, de nombreux massacres d'étrangers ont eu lieu. Les disparitions signalées aux forces de l'ordre ne donnent généralement pas lieu à des enquêtes. Tous les partis politiques d'opposition et les syndicats déplorent la disparition de plusieurs de leurs militants, disparition attribuée aux ESCADRONS DE LA MORT, composés de militaires, policiers et miliciens. D'un autre côté, les détentions arbitraires et sans jugement se multiplient. Les viols sur les femmes adultes ou sur les enfants sont extrêmement nombreux, souvent accompagnés d'actes de barbarie, sur tout le territoire de la Côte d’Ivoire. Plusieurs communautés religieuses (notamment les musulmans) sont victimes d'exactions dans le sud du pays. Le 28 novembre 2002 le Mouvement populaire ivoirien du Grand Ouest (MPIGO) et le Mouvement pour la Justice et la Paix (MJP), deux nouveaux mouvements rebelles, prennent le contrôle des villes de Man et Danané, dans l'Ouest. La France pousse à la négociation alors que les rebelles et Gbagbo ne pensaient qu'en découdre et les mutineries continuent. C’est dans ces conditions qu’interviennent les accords de Marcoussis du 26 janvier 2003 qui maintiennent Gbagbo au pouvoir jusqu'à la tenu de nouvelle élections et donnent l’avalise à la France et à la CEDEAO d’intervenir militairement en cote d’ivoire , la situation connait alors une légère stabilité ; Seulement le 6 novembre 2004 cette stabilité sera perturbée par un événement imprévu : l'aviation ivoirienne bombarde (selon le gouvernement ivoirien par erreur) la base française de Bouaké faisant neuf morts et 37 blessés, les français détruisent alors les bases militaires de l'armée loyaliste pour éviter qu'elle n'attaque les rebelles ou encore les français. En fait, les loyalistes voulaient lancer des offensives en terrain rebelle mais les français les en empêchaient. Le sentiment anti-étranger refait surface et on assiste à des lynchages. Les processus de paix reprennent au bout de quelques semaines. Le 4 mars 2007 pendant les accords d’Ouagadougou, l'amnistie est signée entre les rebelles et leur représentant, Guillaume Sorø, et le pouvoir de Gbagbo.
Le conflit entre 2010-2011
L’imbroglio observé autour de la proclamation des résultats des élections présidentielles d’octobre 2010 replonge le pays dans une situation chaotique avec des affrontements entre pro-Gbagbo et pro-Ouattara. Les observateurs de l'ONU chargés des droits humains font état, entre le 16 et le 21 décembre, de « 173 meurtres, 90 cas de tortures et mauvais traitements, 471 arrestations, 24 cas de disparitions forcées » en Côte d'Ivoire ; Les partisans de Ouattara font état de la présence de mercenaires libériens embauchés depuis début décembre par le camp de Gbagbo tandis que des milliers de personnes quittent le pays dont 14 000 vers le Libéria. Le 24 février, on évoque la reprise de tirs "à l'arme lourde" dans des quartiers pro-Ouattara d'Abidjan. Le 6 mars, la ville de Toulepleu proche de la frontière avec le Liberia tombe aux mains des hommes d’Ouattara ; Tandis que Bloléquin ville située à une quarantaine de kilomètre à l'est, tombe le 21 mars. Le 29 mars, les rebelles continuent leur progression et après avoir investis Daloa et Duekoué, ils prennent le contrôle d'issia , dans l'ouest, et d’Abengourou, à 200 km au nord-est d'Abidjan . Le lendemain, 30 mars, ils prennent la capitale politique du pays Yamoussoukro, après avoir pris le contrôle de Tiebissou, située à 40 km au nord de Yamoussoukro, et de Soubré, située à 130 km au nord de San Pedro , premier port mondial pour les exportations de fèves de cacao avec plus de la moitié de la récolte ivoirienne (1,2 million de tonnes) qui y transite. Cette dernière ville est investie dans la soirée du 30 mars. Après dix jours de combats et avec l'appui des troupes de l'ONUCI et de la Force Licorne, les partisans d'Alassane Ouattara arrêtent Laurent Gbagbo le 11 avril 2011.
II- APPROCHES ET TENTATIVES DE RESOLUTION
A l’époque ou faire la guerre était un droit régalien des Etats, la prévention des conflits tournait autour d’une culture de la paix conforme à l’adage « qui veut la paix prépare la guerre ». Toute fois depuis la création de l’ONU et le bannissement de ce droit, la culture de la paix à adopté une nouvelle ligne de conduite qui se résume à la fameuse formule du sociologue français Gaston Bouthoul selon laquelle « qui veut la paix connait la guerre » selon ce polémologue, pour prétendre mettre fin a une guerre, ou tout au moins la prévenir, il faudrait au préalable comprendre le conflit de départ, l’analyser, le scruter pour envisager des solutions .A cet égard, depuis l’apparition du conflit ivoiro-ivoirien plusieurs approches et tentatives de résolutions de conflits ont été mobilisées pour rendre compte de cette réalité devenu légion dans la sous région . Parmi ces approches on peut noter les accords, les interventions militaires pour ne citer que celles là.
Les accords
La crise politico militaire en cote d’ivoire commence le 19 septembre 2002 juste après l’élection de Gbagbo avec l’avancée des rebelles venu du nord. Des lors plusieurs accords ont été signe pour une probable sortie de crise a l’instar de celui de Linas –Marcoussis du 24 janvier 2003 et celui Ouagadougou de 2007.
Accord de Linas Marcoussis
Dans le but de tenter un rapprochement, les deux parties en conflit sont invitées par la France a Linas-Marcoussis afin de trouver un compromis pour sortir de la crise .ainsi le 26 janvier 2003 les accords Kléber, dits de Marcoussis sont signes et stipulent que ;
Le président Gbagbo est maintenu au pouvoir jusqu'à de nouvelles élections
Les opposants sont invités dans un gouvernement de réconciliation et obtiennent les ministères de la Défense et de l'Intérieur
Des soldats de la CEDEAO et 4 000 soldats français de l'Opération Licorne sont placés entre les belligérants pour éviter une reprise du conflit
Toutefois une brusque crispation en novembre 2004, liée au bombardement de l’armée française a Bouaké par l’armée loyaliste qui visait plutôt les rebelles, remet en cause toutes les avances obtenues depuis la signature de cet accord et une promesse de règlement finale se dessine enfin avec la signature d’un nouvel accord politique, celui d’Ouagadougou en 2007.
Accords de Ouagadougou
À la différence des précédents accords, un dialogue direct s'est établi entre les deux parties le 4 mars 2007 avec comme seuls négociateurs externes le président Blaise Compaoré et la communauté catholique Sant’ Egidio qui a œuvré très discrètement depuis les accords de Marcoussis. Cet accord a conduit le président Gbagbo à nommer le 29 mars Guillaume Sorø chef d'un gouvernement de transition dont la liste des membres est fixée par décret le 7 avril. Dans la perspective d'une sortie de crise, une ordonnance est publiée le 12 avril. Elle proclame une amnistie sauf pour les infractions économiques. Un des principaux points est une procédure de révision des listes électorales qui devraient permettre l’inscription de trois millions de nouveaux électeurs
Néanmoins cet accord sera remis en cause à l’élection présidentielle prévue pour 2010.
2 –la flamme de la paix
Dans la volonté manifeste du peuple ivoirien de sortir définitivement de la crise, une cérémonie baptisée flamme de la paix a été organisée pour la première fois le 30 juillet 2007 pour sceller la paix en cote d’ivoire. En présence de nombreuses personnalité aux rangs desquels les chefs d’état africains et des membres du gouvernement ivoirien, la flamme de la paix célébrer au stade de Bouake constituait un évènement qui devrait marque la fin de la crise ivoirienne ; elle s’est effectuée suivant les axes suivant ;
Un défilé militaire
Une remise croisée d’armes de Philippe Mangou et Soumaïla Bagayoko (Chefs d’État Major des deux armées ex-belligérantes) au Premier Ministre et au Chef de l’État.
Un découpage à la meule électrique par les deux généraux d’un canon de 105 mm qui rejoindra les autres armes sur le bûcher.
La Flambe de la Paix, venue de Tiebissou a fait le tour du Stade en passant par les éléments des deux armées et du contingent Onusien, avant de parvenir aux Chefs d’État présents qui la transmettront les uns aux autres.
Laurent Gbagbo et Soro Guillaume ont allumé tout deux, le bûcher dressé au milieu du stade, détruisant du coup un impressionnant stock d’armes qui, il n’y a pas encore longtemps, ont servi à donner la mort.
3- Les élections présidentielles de 2010
Reportées plusieurs fois pour cause d’instabilité sociopolitique les élections présidentielles qui devraient matérialiser la fin de la crise et traduire dans les faits les accords jusqu’ici signés vont finalement avoir lieu en octobre 2010. Toutefois et contre toute attente celle-ci vont déboucher sur une nouvelle confrontation armée ;
III – PERSPECTIVES POLEMOGIQUES
Apres avoir présenter et élucider les différentes tentatives de résolutions du conflit ivoiro-ivoirien qui ont toutes échouées fautes d’une prise en compte d’un certains nombre de paramètres psychosociologiques, historiques et institutionnelles du problème, la tache nous incombe à présent d’élaborer une grille de lecture prospectiviste pour une culture de la paix en Afrique. Chemin faisant, plusieurs perspectives polémologiques sont envisageables pour mettre fin au présent cas ivoirien ; on peut les regrouper en deux grandes catégories à savoir les perspectives préventives ou prévisionnistes et les perspectives liées à la gestion du conflit.
Les perspectives préventives ou prévisionnistes
le changement du model de l’Etat importé
L’une des particularités du continent africain étant sa diversité ethnique et culturelle, le model d’Etat-nation qui obéit aux principes propre à l’occident s’avère inadapté à ce contexte. En effet, après les indépendances, l’Afrique a hérité d’un déterminisme occidental qui s’étend de la politique aux religieux en passant par les systèmes culturels et administratif. Ce model est perpétué aujourd’hui à travers la mondialisation et constitue l’une des causes de la conflictualité en Afrique ;puisqu’il ne tient pas compte de la diversité idéologique et culturel ,il devient belligène par sa nature qui est antinomique aux logiques sociales ,normes ,institutions et valeurs des sociétés africaines. Ainsi en observant le problème ivoirien de plus près, on peut de manière efficiente constater qu’il tient son fondement de cette logique. Dès lors, l’une des perspectives polémologiques à ce conflit passe par la prise en compte de l’échec du model de l’Etat-nation d’une part et la nécessité de réinvention du model negro –africain de l’Etat multinational ou multiethnique. Il s’gira plus concrètement dans ce présent cas de cerner le paradoxe sociologique de la structuration sociales en temps de guerre de ce pays, notamment du clivage ethnique nord-sud. Cette entreprise passe par :
Une réhabilitation des nations précoloniales, dites ethnies en modifiant la constitution
Fonder le mode de légitimation de l’Etat sur la multi nationalité et la citoyenneté
Axer l’organisation de l’Etat sur le fédéralisme intégral, la souveraineté divisible et la faillibilité des majorités
Fonder la démocratie participative sur la republicanisation du pouvoir traditionnel
Fonder le pouvoir parlementaire et judiciaire sur la culture politique de l’arbre à palabre et du conseil de sage
Limiter les mandats à un seul non renouvelable
Eliminer les candidatures des deux anciens postulants et leurs alliés respectifs
Organiser les élections dans ces conditions
la collaboration active entre les chefs des communautés ethniques et religieux
Cinquante ans d’indépendance après, la situation géopolitique de l’Afrique n’a pas beaucoup changé ; c’est toujours un continent aux multiples coups d’Etat et guerres civiles. cette état de chose est d’autant plus grave qu’il a engendré des difficultés d’ordre politique, économique et social, synonyme de la faillite de l’Etat , poussant les populations aujourd’hui à se replier à leur appartenance ethniques ou a s’orienter vers les autorités coutumières et religieux. En effet ,quelque soit le cas on ne peut ignorer l’aspect psychologique de l’appartenance ethnique et religieuse ; ainsi trouver des solutions à cette manifestations de l’identité ethnique et religieux fondée sur la réalité sociale, culturelle, politique et économique en cote d’ivoire parait crucial pour la résolution du conflit dans ce pays. En outre l’impact désastreux de cette crise sur les populations et les référentiels identitaires très souvent évoqués pour justifier les interventions militaires et les expéditions punitives meurtrières ont permis d’élaborer de nouvelles perspectives qui prennent en compte la multitude d’ethnie et la laïcité de ce pays . Dès lors il faudrait :
Mettre en place un espace de concertation intra confessionnels et interprofessionnels pour la culture de la paix
Encourager le dialogue interethnique
Renforcer l’éducation civique des populations
Combattre le clivage ethnique
Sécurisation des frontières et démilitarisation de la société civile
Les perspectives liées à la gestion du conflit
Même indépendamment de la cote d’ivoire, de nombreux acteurs peuvent contribuer à une action managériale efficace dans ce conflit. Ces acteurs vont de l’organisations des nations unies et autres organisations internationales et sous régionales au secteur privé et à la société civile. Ainsi parmi ces actions on peut noter d’une part le recours à la voie diplomatique par médiation et concertations ; d’autre part le rôle des medias, desassociations des femmes et des jeunes.
La diplomatie et les concertations
Le recours à une force d’interposition et à des observateurs considérés comme neutre est une solution, même si généralement ce sont les négociations et arbitrages des hommes politiques qui sont privilégiées. Il faudrait dans ce sens prendre aussi en compte les négociations des hommes d’église qui ont particulièrement un rôle spécifique à jouer. En tant qu’agent du changement et de la coexistence pacifique, ils doivent non seulement faciliter la collaboration et les concertations entre le gouvernement et la société civile, mais aussi négocier une table de discussions entre les différents camps. Une rencontre entre les imams et les prêtres pourrait compléter l’action des hommes politique en offrant une analyse utile de la situation sur le terrain ,en forgeant des partenariats en vue d’appliquer les décisions ,en renforçant la viabilité des opérations et en créant des réseaux prônant la consolidation de la paix . Ils constitueraient donc, si ce n’était leur silence complice depuis le début du conflit, un bon moyen de sensibilisation et d’implication des populations locales.
Par ailleurs, les institutions doivent êtres conçues pour régler le conflit sans recourir à la violence grâce à une action forte positive. Pour cela, un système juridique fiable doit être élaborer ,l’objectif étant de créer des infrastructures nationales au services de la paix .Ces derniers doivent faire appel aux différents intervenants nationaux et internationaux qui ont divers rôles à jouer concernant l’élimination des sources de tensions et le renforcement des infrastructures de la paix ; il s’agit d’indexer ici la CEDEAO, l’UA, l’UEMOA … qui devrait agir de façon indépendante.
Le rôle des médias, des femmes et des jeunes
Les medias disposent des moyens considérables pour influencer le débat et déterminer les questions qui requièrent la plus grande attentions. Ainsi , contrairement au rôle joué par la RTI qui relayait des informations visant à déstabiliser un camp et à susciter des révoltes dans la psychologies des autres, les medias doivent rester neutre en facilitant le dialogue inter factions . Les divers medias peuvent aussi donner rapidement l’alerte et inciter à agir dans certaines situations ; la libre communication et le dialogue ouvert sont essentiels pour le règlement pacifique et constructif du conflit.
Dans ce contexte du processus de dialogue ,les efforts doivent être entrepris afin de faire entendre la voie des femmes et d’y faire écho ;elles qui sont considérées comme des cibles privilégiées en raison de leur situations de victimes ,mais aussi de leur position sociales . Elles qui sont souvent presqu’absentes de la table des décideurs alors que leur capacité à contribuer à la prévention des conflits et au dialogue constructif est considérable mais insuffisamment exploités. L’émergence d’un leadership féminin en faveur de la paix doit donc être considérer comme une priorité pour sortir de ce conflit
Par ailleurs, les conflits doivent être gérés avec les jeunes générations pour éviter qu’elles alimentent le cycle de la violence à travers le procédé sociologique de la socialisation. Des actions qui visent à encadrer les jeunes en vue d’une réinsertion sociale des enfants orphelins de guerre doivent voir le jour pour limiter le cycle infernal de la vengeance dans les localités les plus touchées comme Duékoué ,Bloléquin et Toulepleu ; les jeunes devrait donc focaliser l’attention de l’opinion publique dans des initiatives de communications et de sensibilisation allant dans la logique du « plus jamais ça !!! »
par simon landry minkeng
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