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"nouvellesociologie" est un blog pour étudiants et chercheurs en sciences sociales et humaines.il traite non seulement des informations socio-politiques,des sujets de recherches en sociologie,anthropologie,philosophie mais aussi,analyse des points vues et courants de pensées des auteurs de ces différentes disciplines scientifiques.en bref il s'agit d'une patte forme d'expression pour ceux qui se retrouvent.

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FICHE DE LECTURE DE information et democratie de valentin nga ndongo

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L’époque de l’avènement  des démocraties en Afrique  a vu jaillir une pléthore d’idées  et d’orientations  de part et d’autres les hommes de science qui s’interrogent  sur  ses principes fondamentaux  a savoir la liberté de presse, et d’expression, sur son applicabilité et  sa perceptibilité.  Valentin Nga Ndongo  fait partie de ces derniers, notamment dans son ouvrages Information et démocratie en Afrique, paru en 1987 aux éditions Sopecam. En effet, partant du postulat selon lequel  l’information , en tant que pilier  d’une expérience   démocratique  africaine  dont l’originalité  est  de se dérouler  dans le cadre  du monolithisme, Nga Ndongo  après observation ne va pas louper là l’occasion de se poser l’inéluctable  question  de savoir  si finalement le rôle joué  par l’information  ne relève –t-il pas du rêve ,de l’utopie  ou  tout simplement du populisme  et de la démagogie ? Autrement dit, dans un contexte de démocratie, la communication  ne tend-elle-pas a se transformer en   autre chose ? pour parvenir a lever le doute sur cette préoccupation  l’auteur se propose  de suivre  une démarche  a trois  volet : d’abord il part  d’une approche  théorique  de la démocratie  et du développement en tentant  d’y établir une relation avec l’information ; ensuite il met en relief  le hiatus  qui existe  en Afrique  entre la démocratie ,mieux le développement, et l’information ; pour finir ,l’auteur procède a une analyse structurale et de fond  de l’expérience  camerounaise  actuelle  de libéralisation de  l’information . C’est la même démarche que nous allons  suivre dans ce travail pour rendre compte soit de la pertinence soit des zones  d’ombres  de ses résultats.

 

I-DEMOCRATIE, INFORMATION ET DEVELOPPEMENT

            La démocratie étant la clé du développement, l’information apparait comme un besoin fondamental de l’homme .En effet selon l’auteur, dans toutes les  sociétés  du monde, le développement  est l’apanage des pays démocratiques tandis que le  sous développement  est  la caractéristique presqu’exclusive des sociétés non-démocratiques.

Ainsi  définissant  le développement  comme étant une affaire de mentalité  qui  implique l’homme en tant qu’acteur  et finalité de ce développement ; cette mentalité comprend   aussi bien  les modes de pensées ,les opinions  que les croyances de la collectivité . C’est celle-ci  peut disposer un peuple  au développement  ou au contraire  constituer un frein  au progrès  de cette  communauté. Dans ce cas  un dysfonctionnement ou une  mauvaise organisation  de la société reposant par exemple, soit sur des valeurs mystique ,tribales, claniques  ou sur l’affairisme est voué a l’échec ; puisque l’auteur estime  que toute  société  organisées  autour de ces  principes  piétine la démocratie   dans une absence de communication  libre . si donc  l’individu  a besoin de s’informer  pour participer  a la vie collective  pouvant le conduire vers un développement , la société  se doit  a son tour, de s’organiser  pour satisfaire   a  ce besoin incompressible  en mettant sur pied un système propre  reposant  non pas sur une communication  unilatéral et vertical ,mais bien plus sur un système de communication  horizontale pluraliste  et tolérante .ce système  sera démocratique .l’auteur élabore  une corrélation  entre  démocratie ,information et développement . a cet égard ,toute action  de développement commande , sous  peine  d’échec  que tous  les acteur  soient  tenus  informés de sa nature ,de ses objectifs et des éventuels  obstacles sur lesquels  elles pourrait buter étant  entendu  que les intéressés  auraient naturellement  la possibilités  de choisir, c’est-à-dire  de s’exprimer  sur le dit projet.

            Ensuite ,s’interrogeant  sur la crédibilité  des informations et leur source Nga Ndongo  pense en effet  que la stratification  sociales ,les inégalités  sociales  et l’influence  des  théories  de la modernisation constituent  une incidence  sur le fonctionnement   de la communication  en Afrique . dès lors, il serait  judicieux,  pour une bonne communication ,mieux pour que l’information  parviennent  a  assurer  sa fonction , de faire table rase  aux opinions, aux mythes et tout ce qui pourrait constituer  un frein  pour la réhabilitation  d’un univers de communication objective  en Afrique , fondement de la démocratie  et du développement  tout cour.

 

II- LE CAMEROUN : UN PARFAIT EXEMPLE D’UNE COMMUNICATION DEMOCRATIQUE   

                       Convoquant un cas bien connu en Afrique : la libéralisation de  la communication par Paul Biya   au Cameroun, l’auteur  essaie de mettre en exergue dans ce livre, notamment au deuxièmes  chapitre, un model presqu’idéal   d’une communication  libre et prospère.

En effet pour Nga Ndongo, le président  Paul  Biya  entend promouvoir  a travers ses discours ,ses déclarations, bref de son programme d’action ,une société  plus ouverte avec des citoyens  éclairés  parce que  informés.une telle société  se veut  moderne, libérales   et communautaire  . c’est pourquoi  une place de choix y est réservé  a l’information  et a la communication qui seules  feront tomber  les barrières  de la suspicion et   du sectarisme, dissiperont les nuages  de l’ignorance  et chasseront le brouillard  de l’obscurantisme.  En ces mots le président  Biya  se pose  en rassembleur  de tous les camerounais ; ce rassemblement, c'est-à-dire la démocratie  n’est en fait réalisable  sans cette  sève   vitalisante   et  fécondante  qu’est  l’information ,celle-ci devant  se servir  d’un système de communication  libéral. Dans ces conditions, le développement, finalité de la démocratie  ne saurait être pensé  sans information. somme toute Biya  Paul  parait selon l’auteur ,convaincu  que l’instauration d’une démocratie  véritable au Cameroun  passe par l’avènement  d’un nouvel ordre national  de l’information  qui permettra  a son pays d’accélérer  son rythme  de développement.

            Dans les faits ,l’auteur  montre avec  suffisance que cette philosophie Biyaїste  est une réalité :  « on peut d’emblée dire qu’avec Biya ,le Cameroun  passe d’une communication de type  coloniale, verticale  et unilatérale a une communication  décolonisée  et horizontale  fondée  sur le dialogue ,l’échange  et la participation ». Ceci  est matérialisé  par une liberté de presse qui va grandissante avec une multitude de presse privée, signe que dorénavant  la parole a été rendu au peuple et que le temps des pharaons est révolus. Tel  est selon l’auteur la ligne de forces de l’expérience camerounaise d’une communication rénovée, l’hirondelle annonçant le printemps du développement.

III-LIBERALISATION DE L’INFORMATION AU CAMEROUN : MYTHES ET REALITES

            Une autre grande idée sur laquelle l’auteur  insiste  dans cet ouvrage est l’applicabilité et l’acceptabilité  de la libéralisation  de l’information au Cameroun.  Autrement dit, si la philosophie  Biyaїste  apparait comme un exemple à suivre, comment peut-elle se  déployer  sur le  terrain ? Les agents  qui composent la chaine de  communication au Cameroun sont-ils compatibles ou favorables  à la philosophie Biyaїstes ?

            Distinguant  dans un premier temps l’expérience  camerounaise de la libéralisation  de l’information  des autre expériences  africaines, l’auteur  se rend très  vite a l’évidence   que celle-ci se veut  d’abord réaliste  et tient compte d’un certain nombres de pesanteurs   historiques et  sociales , car ayant des fondement qui reposent sur le pluralisme  et l’unité nationale, la fraternité ,la solidarité ; l’hospitalité et la communion . en outre l’auteur  s’interroge l’applicabilité  de  cette philosophie au regard  de la diversité tribale de ce pays .selon lui ,bien qu’étant  meilleurs cette philosophie peut  buter sur   les trois  principaux  écueils  que sont les décideurs, les communicateurs et la société  elle-même ; car ces trois agent de communication  ne sont pas toujours  a la hauteur d’une telle philosophie Biyaїste de  l’information ,ce qui les empêche de comprendre  et de jouer  le rôle  qui leur est assigné . il jette le tord sur trois fait  constituant  des obstacles  a ce processus : la censure, la dissimulation de l’information et la propagations des rumeurs qui sont  sou tendus  par des mentalités nostalgiques d’une époque  autocratique et réfractaire  au changement .

Pour être plus concret, l’auteur pense qu’une clarification ,mieux une ligne de conduite  en guise de prolégomènes  a toute société  organisé autour des principes démocratiques,  est nécessaire  pour le  communicateur  au Cameroun qui ,a en croire Nga Ndongo, est préoccupé  par d’autres priorités qui se rangent parmi la dignité, la solidarité ,l’organisation  et la compétence. Valeurs  sans lesquelles  le communicateur sombrera dans du  griotisme et du populisme ; il faudrait donc sortir  de la médiocrité, de la tribalisation  des medias, puis avancer de façon ordonnée pour qu’enfin triomphe  la philosophie Biyaїste de libéralisation  de l’information. Dans le cas contraire  les communicateurs  camerounais  alièneront  toujours  leur sort ,abdiqueront  de leurs  responsabilités  spécifiques  dans la promotion  de la démocratie  laissant ainsi le soins  aux autres de parler a leurs place.

 

ANALYSES CRITIQUES DE L’OUVRAGE

  Si avec  Nga Nondo le journalisme est, ou a un pouvoir réel ou supposé, et comme tout pouvoir, peut devenir une bombe s'il n'est   exercé avec  responsabilité, une responsabilité sociale, il  est   tout de même important de préciser,  chose que l’auteur à  omit de faire, que ce métier  doit  pouvoir tenir compte  des réalités sociologique dans son exercice ; or la philosophie Biyaїste,  tient ses fondement  dans une démocratie à  l’occidentale ,car en fait ce n’est qu’à la suite du sommet  francophone de la Baule présidé par François Mitterrand  qu’on a vue éclore dans les pays d’Afrique  une presse d’opinions  indépendante, annonçant  l’avènement des libertés fondamentales : la démocratie  aurait donc été imposée aux africains suivant un model qui ne tient pas compte des valeurs sociales de ce continent. Ainsi comment communiquer librement et avec responsabilité dans un système  politique « calqué » ? En effet    L'exercice du journalisme se complique dans la démocratie. La liberté d'expression, surtout à la manière dont l'Occident l'entend, nous amène à réfléchir sur la personne humaine et sa dignité, sur la vérité et notre rapport à autrui. La liberté d'expression que le journalisme a contribué à acquérir et à conserver dans son acception actuelle est une donnée socio-anthropologique contextuelle : elle est née en Occident avec ses crises et ses exigences. Cette parturition circonstancielle liée à la Révolution française a engendré une valeur universelle dont l'inculturation n'est pourtant pas une hérésie déontologique.il ne faudrait  donc pas  globaliser l'apparition de cette liberté sans discernement, car le monde est une pluralité de situations et de contextes.

En outre, si la philosophie  Biyaїste de libéralisation de l’information  semble connaitre du flou, on peut être tenté d’imputer  cela à aux pouvoir politique qui rythment le fonctionnement des medias à leur aise. C’est que dorénavant la politique construit les identités sociales. Cette manipulation est d’autant plus manifeste aujourd’hui au Cameroun  qu’on note certains medias  qui sont  réputé  dans   leur position plus idéologique,  politiquement  parlant, que déontologique. Une contextualisation de la pratique journalistique  et démocratique  réelle devrait donc renforcer  la pertinence de  la philosophie Biyaїste .

Tout compte fait ,en dépit de quelques zones  d’ombres sus  évoquées,  l’ouvrage de Nga Ndongo  apparait  non seulement comme un son de cloche  rappelant  désormais   l’effectivité  de la libre expression  au Cameroun, car la  parole nous étant  rendu, mais aussi  comme une feuille de route une ligne de conduite  a tenir ,un rappel a l’ordre  pour la communication au Cameroun  qui jusqu’ici est resté plongé dans  un désordre  médiatique , marqué pour la plus part, par un non respect  de la déontologie  journalistique. Il faudrait   donc selon les mots de l’auteur avoir l’humilité  de se recycler de se remettre  a l’école de la parole pour se fixer des  normes de libertés et se prémunir des excès ; car « seule une telle éthique  de la communication  évitera  a la parole de tuer, paradoxalement  la parole. »

 

 

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