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Il existe une relation idyllique entre la démocratie et les médias de la communication de masse à l’instar de la télévision et de la presse qui constituent selon Wolton « l’outil par excellence des sociétés démocratiques » car elles sont créatrices d’un espace social de débat et d’expression des opinions. En effet, avec l’avènement de la « galaxie Marconi », la presse est devenu le lieu de communication et de diffusion des opinions individuelles et collectives sur des questions d’intérêts public telles que la politique, l’économie et/ou la culture. A cet égard, la presse apparaît comme une interface symbolique où les citoyens prenant part au débat démocratique plaident, accusent, se défendent ou se justifient. C’est pour cette raison sans doute que Patrick Champagne la considère à juste titre comme le « tribunal de l’opinion». De ce fait, la presse n’est-elle pas la caisse de résonance de l’opinion publique ? Bien plus, n’est-elle pas une instance de la société démocratique où le peuple exprime ses choix, ses souhaits sur des problèmes collectifs et où il désavoue ou légitime ses hommes politiques. Enfin la presse n’est-elle pas un instrument de manipulation du peuple au service du politique ? Telles sont les questions qui constituent le point d’encrage de nos investigations.
I- APPROCHE CONCEPTUELLE
La démocratie renvoie à la liberté individuelle et collective de l’usage de la parole et l’accessibilité de l’information à tous les membres de la société. Ainsi, la condition indispensable à diffusion et à l’expression des opinions est la mise sur pied des infrastructures de communication de masse. A cet effet, Francis Balle définit la presse comme un moyen de communication de masse qui a pour rôle la diffusion collective des informations selon une technologie industrielle auprès de grands publics massifs et hétérogènes. Au Cameroun, les kiosques gorgés et bigarrés des publications et revues les plus diverses constituent donc l’espace ou le tribunal par excellence d’expression de l’opinion public. Qu’est-ce que l’opinion ?
Il convient de souligner au préalable avec Alfred Sauvy que le domaine de prédilection de l’opinion est la société libérale qui fait allusion à la communication des pensées ; ce qui implique la démocratie qui renvoie à la promotion de la liberté d’expression. Ainsi pour Jean Stoetzel, l’opinion individuelle est une position ou une proposition à laquelle un individu accorde son adhésion totale. En effet, il existe une corrélation entre opinion et démocratie. Selon Dominique Reynie, l’opinion apparaît comme un phénomène de nature très générale. Elle désigne un simple ensemble de jugement, d’idées ou de point de vue porté non sur la politique, mais sur n’importe quel domaine et aspects ordinaires de l’activité humaine. D’une manière générale, l’opinion désigne "l’idée qu’on se fait d’un homme, d’un groupe ou d’une chose". C’est ainsi qu’on peut se faire ou avoir une idée, un jugement, un point de vue et donc une opinion sur un fait, un événement ou une situation.
Ainsi, l’homme étant un animal politique et raisonnable, il porte naturellement un regard critique sur son environnement social. Il s’interroge, juge, apprécie, approuve ou condamne, prend position ou ne se prononce pas. De ce fait, l’opinion est une manière de voir et de penser, un avis, une conviction ou une croyance dont un individu ou un groupe fait état pour interpréter, expliquer et comprendre son environnement.
Pour réellement exister et revêtir la forme d’une puissance sociale, d’une authentique opinion, un jugement, un point de vue, les idées ont besoin d’un espace de liberté et d’expression car celle-ci est l’un des caractères essentiels de l’opinion. A ce sujet, Alain Barrere admettait que l’opinion est « l’une des instances de la société démocratique » ; ce qui suppose qu’elle est une affaire de nombre, de masse, de multitude et de diversité. De ce fait, la notion de masse induit celle de « public » et donc de la « sphère publique » qui favorise le développement et l’expression de l’opinion. Jacques Ellul dira à cet effet que l’opinion n’existe que dans la société de masse ; la quelle est constituée de groupes d’individus de composition très différenciée. Ainsi donc, l’opinion se manifeste et s’exprime dans l’espace public à travers des canaux tels que la parole par le biais de la conversation ; par les médias ou par les manifestations de foule. En effet, c’est surtout par l’expression à travers les canaux de diffusion de masse tels que la presse qui entretien une relation étroite avec l’espace publique que l’opinion devient véritablement publique. Elle sort de ce fait du domaine privé, de l’individuel latent pour éprouver les formes d’un fait et d’une réalité collectifs ou devenir un sujet de préoccupation collective. Jean Stoetzel définit donc l’opinion publique comme un phénomène collectif, résultant d’un processus d’interaction entre les individus et les groupes, différent en tant que tel de l’opinion privée ; c'est-à-dire ce que les individus pensent d’une certaine question. En d’autres termes, c’est « le sentiment dominant au sein d’une certaine communauté sociale, accompagné plus ou moins clairement, chez les individus de l’impression que ce sentiment est commun ». Selon Foulquie, l’opinion publique renvoie à un phénomène collectif ; un jugement collectif ou ce que les gens pensent dans leur milieu social : c’est la pensée commune.
Il s’agit donc d’un phénomène de groupe impliquant un problème d’intérêt public tels que : le pouvoir, la pauvreté, le désarment, la gestion des affaires publics… Tous ces sujets relèvent du domaine public d’après Jacques Antoine.
Dans cette optique, la presse constitue une sphère publique où les individus ne discutent plus en privé des informations et des idées imprimées, diffusées et publiées ; mais en public. Pour Habermas, c’est dans cet espace publique qu’est formée une opinion publique gouvernée par la raison, éclairée et contestataire laquelle peut opiner sur les choses publiques à travers les écrits publiés par la presse. Ainsi donc, la presse est le tribunal de l’opinion dans la mesure où elle est créatrice d’un espace social où les personnes privées se rassemblent en un lieu public pour discuter et critiquer les décisions et les actions des hommes politiques selon Habermas. La sphère publique constituée par la presse est donc le lieu ou lectorat discute, échange des idées et des informations. Ainsi, dans la perspective habermassienne, la presse a servi de caisse de résonance aux échos des discussions de ceux qui se réunissent en un lieu public pour critiquer l’action gouvernementale et échanger des idées et des informations. C’est ainsi que la presse est devenu un forum, un lieu de discussion publique en tant qu’espace d’expression libre des idées et des opinions c’est dans ce sens que Patrick Champagne l’érige en un espace de tribunal de l’opinion où viennent plaider, accuser, se défendre ou se justifier les parties prenantes au débat démocratique. De ce fait, les journaux par la diversité de leurs contenus reflètent la pluralité des sensibilités des points de vue, des courants d’opinion qui traversent le corps social. Ainsi, l’ensemble des articles paraissant dans les divers journaux dans un pays peut être considéré comme l’expression de l’opinion publique car cette diversité des contenus donne à toutes les tendances la faculté de faire connaître leur point de vue. Alfred Sauvy dira à cet effet que la presse est destinée à des destinataires (les lecteurs) constitués en public.
II- FONCTIONS CLASSIQUES DE LA PRESSE
Les médias remplissent explicitement et implicitement des rôles ; les productions ou les messages contribuent à l’orientation des pratiques des individus qui s’y exposent. Ainsi, les médias jouent une double fonction cognitive et psychosociale qu’on s’attellera à démontrer dans cette partie.
1- Les fonctions cognitives des médias
Il s’agit ici des fonctions qui ont trait au processus par lequel un être humain acquiert des informations sur son environnement, et le prépare par conséquent à avoir la faculté de connaître et de percevoir. Si l’information constitue donc la fonction centrale, trois autres présentent un intérêt suffisant pour faire la matière de cette analyse du premier pallier. C’est ainsi qu’on a la fonction d’information, la fonction d’éducation, la fonction d’expression des opinions et la fonction de persuasion.
2- Les fonctions psychosociales des médias
A ce niveau, les médias assument deux fonctions à savoir les médias comme moyen de sociabilité et les médias comme moyen d’évasion, de divertissement et d’identification.
III- ANALYSE PHENOMENOLOGIQUE DE LA PRESSE COMME ESPACE D’EXPRESSION DE L’OPINION PUBLIC
Si l’on admet au regard de la société camerounaise que, le processus de démocratisation de l’Afrique engrangé ces dernières décennies porte déjà ses premiers fruits, on ne saurait nier l’idée selon laquelle les acteurs de ce processus sont aussi divers que les trajectoires qu’ils empruntent. En effet, la libération de la parole à l’aune de l’avènement des libertés a débouché sur la licence en matière d’interprétation du pouvoir sur la gestion des affaires d’intérêt commun, c'est-à-dire à la mise en place De l’agora. Désormais tous les espaces de sociabilité se prêtent au débat sur les événements du moment. Le premier espace qui marque la preuve de cette mutation est la presse. Ici la parole est également de retour, un coup d’œil même rapide sur les grandes unes des journaux dans les kiosques ne laisse pas l’observateur indifférent. Si hier ce que l’on appelait alors "opinions" représentait le seul point de vue du Président de la République, depuis l’avènement du phénomène de démocratie, une autre représentation de l’opinion a émergé ; laquelle représentation fait la part belle à la pensée du peuple. On passe ainsi d’un peuple muet, spectateur de son propre drame à un peuple opinant, capable d’émettre un point de vue, une pensée. Les acteur sociaux et politiques qui, prenant la parole se revendiquent comme porte-parole de ce que pense le peuple.
Cependant, cette désacralisation de la parole sur la gestion de la république fait obstacle à sa conduite opaque et clandestine ; car outre la transparence qu’elle érige en règle de gouvernement, la presse somme du coup des gouvernants à mots à peine violés, de répondre à leur gestion de la chose publique. On va alors noter une sorte de désorientation du média de ses fonctions classiques ; désormais, non seulement la presse va se constituer en sites de déploiement de l’action politique, mais aussi elle sera utilisée comme arme de compétition ou de lutte où chaque acteur s’exerçant dans son domaine de prédilection entend légitimer son intervention en recourant permanemment à l’opinion.
D’abord, cela est observable sur le plan politico administratif dans l’usage de la presse qu’en fait aussi bien le pouvoir en place que l’opposition ; c’est en fait à travers la presse que ces deux entités entendent faire la démonstration de la justesse de leurs options. Quand elles ne se revendiquent pas concurremment être porte-parole véritable de l’opinion publique, elles se constituent en témoin de celle-ci. A titre d’exemple la catégorisation mieux encore, la bipartition des médias au Cameroun faite par Valentin Nga Ndongo dans l’ouvrage Les médias au Cameroun : mythes et délire d’une société en crise, laisse entrevoir clairement cet antagonisme : d’un côté la première tendance animée par le Messager, Challenge hebdo et le combattant dissident au pouvoir en place et de l’autre côté une seconde tendance animée par le Patriote favorable au pouvoir. Cette guerre d’opinion politique est d’autant plus manifeste qu’elle s’étend même au-delà des simples titres ou unes des journaux pour atteindre la dénomination de certains hommes politiques par des pseudonymes soient hostiles soient flatteurs. Plus proche de nous encore tandis que la rubrique « à tout vent » du journal le Messager dans un ton extrêmement libertin et insolent parle des mœurs et des pratiques du régime au pouvoir depuis 1982, le journal l’Action dans son entièreté vente les mérites d’un mouvement politique en faisant l’apologie de son leader pourtant critiquer de l’autre côté. La presse est donc considérée sur le plan politique comme étant à la fois une plate-forme d’expression des citoyens sur la gestion de la République et un espace de lutte et de règlement entre hommes politiques.
Ensuite dans le champ socio-culturel, la libéralisation de la parole à l’œuvre dans les sociétés globales et aussi vécue avec beaucoup d’intensité et de conflictualité. Ici, si ce n’est deux générations, deux groupes de personnes ou institutions, qui s’opposent par presses interposées, chacune cherchant à légitimer son point de vue, ce sont des acteurs sociaux jouant certains rôles précis ou remplissant certaines fonctions qui s’opposent à une philosophie. C’est dans ce sens qu’il convient d’analyser le contenu des chansons des artistes musiciens Longue Longue, Lapiro de Mbanga ou encore du rappeur Valsero qui sont respectivement taxés par les médias de « Féla local » pour Lapiro (dans jeune Afrique n°1686 du 22 au 28 mars 1991), du « libérateur » pour Longue Longue et de « général » pour Valsero. Des qualificatifs qui s’inscrivent dans la logique de la critique et de la revendication.
Par ailleurs, certains acteurs sociaux syndicalistes par exemple, que Patrick Champagne appelle « faiseurs d’opinion », se servent de la presse pour véhiculer ou légitimer leurs appels au soulèvement qu’ils estiment être la volonté générale d’un groupe, d’un peuple. On en veut pour preuve Bernard Djonga, syndicaliste du monde rural qui a annoncé plusieurs jours avant son mouvement d’humeur à travers la presse. Plus palpable encore le leader politique Mboa Massok et certains mouvements politiques constitués en un bloc ont mobilisé la presse pour légitimer leur mouvement annoncé le 23 février 2001 dénommé « la semaine des martyrs » dans lequel ils estimaient être porte-parole des familles des disparus des émeutes de février 2008. L’artiste musicien Joe la Conscience a fait la une de Mutation et du journal le Messager le 22 juin 2011 pour avoir porté plainte à deux de ses collègues (Petit Pays et Lady Ponce), les accusant de détruire la jeunesse de part leurs chansons ayant, estime-t-il une forte connotation pornographique. Il s’est ainsi constitué en leader d’opinion, en porte-parole d’une catégorie précise, d’un groupe en passant par la presse pour se faire entendre.
Enfin sur le plan économique, la tribunalisation de l’opinion n’est pas moins importante. On note dans certains journaux des rubriques spéciales spéciale offre d’emploi, publicité ou encore des prestations de services qui ne sont en fait que l’expression d’une individuelle, mais qui dans la presse se constituent en témoin d’une situation socio-économique et financière instable. La presse dès lors est définie non seulement comme un espace de vulgarisation des grands chantiers économiques et marketing, mais aussi comme un espace de régulation de ses activités. C’est ce qui explique la conflictualité ou encore la concurrence par presse interposée entre les opérateurs économiques et des représentants de certaines marques de produits de consommation.
On pourra ainsi somme toute dire que la libération de la presse a débouché sur la mise sur pied d’un espace symbolique de diffusion de l’information et d’échange contradictoire ou conflictuel entre faiseur d’opinion.
IV- LA PRESSE COMME ESPACE D’INSTRUMENTALISATION DU PUBLIC
Contrairement à la perspective habernassienne qui fait de la presse un espace d’expression libre des idées et des opinions, Roland Cayrol rétorque et récuse cette perception de la presse en soutenant que la presse est le lieu de diffusion de la pression sur le public via des procédés de marketing.
1- La presse comme instrument de manipulation politique du public à partir des sondages d’opinions
Avec l’essor prodigieux des médias, il existe désormais un lien de plus en plus étroit entre le champ politique et le champ médiatique. En effet, la presse constitue une clientèle de premier plan pour les enquêtes d’opinion. Les médis ont de ce fait aux premiers loges de la diffusion, de la publication et de la vulgarisation des votes et surtout des sondages d’opinion. Ainsi, les résultats des sondages politiques sont présentés et interprétés comme des informations, des nouvelles fournies par le public. Dès lors, le champ médiatique et le champ des sondages ont pour effets immédiats de susciter l’émergence d’un nouveau jeu politique et de modifier ainsi le fonctionnement de la sphère publique.
A cet effet, Pierre Bourdieu déclarera de façon catégorique que l’opinion publique n’existe pas. Il s’agit d’une situation artificielle dans la mesure où les « gens répondent aux questions qui ne les concernent pas ou même aux questions qu’il ne sauraient pas posées eux-mêmes si quelqu’un n’était pas venu les poser ». La presse apparaît de ce fait comme l’espace de fabrication de l’opinion à partir des problématiques imposées par les instituts de sondage ou par les hommes politiques. A cet égard, loin d’être un espace social d’expression de l’opinion, la presse se présente plutôt comme un espace stratégique pour le champ politique. Les sondages publiés dans la presse visent donc à alimenter et à justifier les commentaires politiques.
Dans cet ordre d’idées, P. Champagne faisant écho à Bourdieu estime que l’opinion et sondage ne sont que des artefacts de la classe dominante destinées à manipuler le public. Il dira à cet effet que les sondages diffusés par la presse sont un discours artificiels. Le professeur Valentin Nga Ndongo mettait en évidence cette fabrication de sondages d’opinions à caractère politique par les journaux camerounais. Ainsi, l’auteur de l’ouvrage Les Medias au Cameroun décrie la sondomanie et de sondocratie entreprises par les médias pour remplir une fonction de légitimation politique. Car ces sondages politiques publiés par la presse comportent de nombreuses lacunes scientifiques. C’est le cas de Challenge Hebdo qui fabrique de pseudo sondages en publiant des jugements de valeur sur des individus et sur un régime bouc émissaire. On peut donc conclure avec P. Bourdieu que : « les sondages publiés sur les premières pages des journaux sont un artefact pur et simple dont la fonction est de dissimuler l’état de l’opinion à un moment donné du temps. »(Question de sociologie).
2- La presse comme instrument de modification du comportement du public
Faisant l’autopsie de la presse privée au Cameroun, le Professeur Valentin Nga Ndongo montre comment le journal par la production de l’information spectacle travaille à la manipulation et à la modification des comportements du public. En effet, en produisant une information essentiellement catastrophiste et sensationnelle, le journal a pour dessein de frapper l’imaginaire du public en inondant l’opinion des images fortes et violentes. Le journal cherche ainsi à modifier le comportement, la vision de la réalité et le regard que le public jette sur lui-même et son environnement immédiat. Par exemple, des leaders d’un mouvement de contestation à l’Université de Yaounde 1 avaient pris pour modèle des généraux américains en se faisant surnommer « Colin Powell », « Norman Schwartzkopf ». Aussi, le journal camerounais diffuse dans la société des mythes et des représentations collectives sur des individus ou des groupes sociaux, lesquels alimentent l’imaginaire et modifient considérablement les rapports sociaux des différentes ethnies qui forment la collectivité. C’est ainsi que le mythe du bouc émissaire est fabriqué par le journal le Messager pour accuser les Béti d’être responsable de la situation de crise économique qui frappe le Cameroun. Ainsi donc, la presse impose à partir des faits qu’elle relate et des commentaire qui les accompagnent une image sociale positive ou négative de l’évènement et cherche aussi à soutenir ou au contraire à déconsidérer le groupe social sur lequel il veut attirer l’attention du public.
En outre, la presse transmet au public des informations par des procédés de marketing à l’instar de la publicité ; lesquels sont destinées à changer, modifier ou orienter soit les habitudes de consommation, soit les choix des individus dans les divers champs de l’activité humaine.
Tout compte fait, La tribunalisation de l’opinion dans la presse tient lieu de deux postulats ; d’abord cette transformation de la presse en site de déploiement des rivalités politiques atteste d’une reconnaissance des différents mis en cause ; car c’est en référence aux position de l’autre que l’on construit son opinion : c’est la dynamique même de la communication ; d’autre part, la constitution de la presse en tribunal d’opinion est marquée du sceau de la construction des identités socio politiques et culturelles. Ainsi, puisque l’une des bases normatives de la communication est la réciprocité, cette tribunalisation de l’opinion apparaît comme une mise en place du paradigme de la communication.
par simon landry minkeng,pius ottou,simon minkeng et melanie mengala, master en sociologie politique,
Tel +237 76317317