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"nouvellesociologie" est un blog pour étudiants et chercheurs en sciences sociales et humaines.il traite non seulement des informations socio-politiques,des sujets de recherches en sociologie,anthropologie,philosophie mais aussi,analyse des points vues et courants de pensées des auteurs de ces différentes disciplines scientifiques.en bref il s'agit d'une patte forme d'expression pour ceux qui se retrouvent.

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Resolution des conflits: methodes et moyens

INTRODUCTION

 

        A l’observation, il apparaît de toute évidence que le conflit est un phénomène social inhérent à la nature humaine omniprésent dans la vie sociale quoique prenant des formes plurielles. En effet, il s’agit d’un véritable « fait social total » pour reprendre à notre compte la savoureuse formule de Marcel Mauss. A cet égard, les réflexions sur les déchirements, les exactions et toute sorte qui sclérosent l’humanité deviennent le terrain d’élection de la polémologie ou sociologie des conflits qui se donne pour mission épistémologique d’analyser les déterminismes sociaux qui poussent à l’ascension aux extrêmes ; ceci dans la perspective de proposer des méthodes et des moyens préconisant une résolution pacifique des conflits s’inscrivant dans la logique du « plus jamais ça » dont parlait Gaston Bouthoul qui exprimait ainsi son désarroi à l’égard des affres de la deuxième guerre mondiale. De ce fait, quelle est la nature des conflits qui mettent le monde à feu et à sang ? Bien plus, existe-t-il des méthodes susceptibles d’envisager une sortie de crise qui mettent sous le boisseau la hache de guerre ? Enfin, quels sont les ressources et les moyens dont doit se doter l’organisme social pour jubiler cette pathologie qui décime le monde au quotidien? Telles sont les questions qui constituent l’ossature de notre réflexion.

 

I- LE CONFLIT : UN FAIT SOCIAL TOTAL

1- Les conflits inter étatiques   

        Ce type de conflit est l’expression de la violence sur le plan macro social. Il s’agit de l’ascension aux extrêmes à l’état manifeste entre des Etats qui s’affrontent ouvertement sur des différends relatifs aux enjeux géopolitiques, géostratégiques et/ou pour l’affirmation de leur souveraineté. C’est le cas des conflits régionaux et frontaliers qui mettent le feu aux poudres dans différentes parties du monde ; notamment en Afrique.

         En fait, les conflits inter étatiques résultent des mésententes territoriales entre des Etats souverains. En effet, ce type de conflit sont légions en Afrique et tirent leur essence du legs colonial car l’Afrique fut partagée comme un « gâteau » selon la formule ironique du roi Belge Léopold II lors de la conférence de Berlin de novembre 1884 à février 1885 sans que les colonisateurs ne prennent en compte la géographie nationale et socioculturelle des peuples. Il en résulte dès lors des conflits constants d’intérêt territoriaux entre les Etats car le territoire est une figure idéologique nationalitaire en ce sens qu’il concrétise matériellement le sentiment de l’identité nationale. Jean Ziegler illustre cette causalité symbolique en admettant que le territoire célèbre la mémoire des nations de s’exprime à travers les hymnes nationaux qui le chantent dans la mesure où le territoire est une puissante force d’intégration. Le conflit Nigérian Cameroun sur la presqu’île de Bakassi est représentatif de ce type de conflit. En fait, au-delà de l’enjeu géostratégique et économique inhérent à la richesse minière de cette zone, force est de souligner que ce type de conflit sont également dus au faite que le territoire modèle imaginaire collectif des Etats en tant que contenu de la conscience nationale de ceux-ci. Ainsi, les mythes le légitimes et chaque membre de la nation aime ses paysages ; d’où l’exacerbation des conflits inter étatiques qui en réalité sont l’expression des sentiments nationaux qui alimentent le surmoi collectif national ; et l’affirmation de la souveraineté de chaque nation. Le conflit israélo-palestinien sur la bande de Gaza illustre fort bien cette fonction imaginaire du territoire dans la conscience collective nationale ; lequel concrétise matériellement le sentiment de l’identité nationale. Le général français Paul Marie Gallois qualifie à cet effet le territoire de « conscience géographique des Etats ». Ainsi, le conflit entre l’Etat hébreu et le peuple arabe palestinien se nourrit justement du mythe selon lequel le territoire concrétise matériellement la conscience nationale d’un Etat et consolide par conséquent l’identité nationale. C’est ce mythe qui alimente donc l’imaginaire collectif de ces Etats ; d’où le conflit historique car l’Etat palestinien s’appuie sur l’islam pour fonder ses droits sur la terre ; tandis que l’Etat d’Israël se fonde sur la notion biblique de terre ancestrale. C’est donc ce mythe autour du territoire qui est à l’origine des vagues de violence qui ont libre cour dans cette région du monde.

         Toutefois, cette causalité territoriale des conflits inter étatiques ne saurait occulter l’enjeu économique lié à la possession des espaces riches en ressources en ressources naturelles telles que le pétrole, le cuivre, le cobalt, l’uranium… car l’argent est nerf de la guerre et la majorité des pays africains fondent leur économie sur la vente des ressources naturelles ; ce qui conduit parfois à des tentatives de colonisation de certains Etats conquérants en ce sens la possession d’un espace terrestre et maritime est un facteur de puissance selon Halford Mackinder qui admet que les espaces constituent un grand potentiel de puissance. Qu’en est-il des conflits inter sociétaux ?           

 

2- Les conflits inter sociétaux

        Il est judicieux de préciser que nous empruntons ce concept chez Anthony Giddens pour désigner toutes les formes de violences qui se produisent au sein d’une société, qu’il s’agisse des conflits collectifs tels que les conflits sociaux, ethniques, confessionnels ; ou des conflits interpersonnels dans les champs politique, économique ou conjugal puisque la société est constituée d’une pluralité de groupes sociaux hétérogène selon cet auteur ; et Jean loup Amsel souscrivant à cette hétérogénéité sociologique et anthropologique des collectivités humaines qualifiera à juste titre la société globale de chaîne de stress. Ainsi, l’homme étant un animal politique, nous pouvons déduire sans risque de se tromper que les conflits sont au cœur de la vie quotidienne des acteurs sociaux. De ce fait, le conflit apparaît aussi comme une réalité microsociale car les oppositions, les antagonismes sont des phénomène sociaux omniprésent dans toute forme de société quel que soit son niveau de structuration, d’organisation et de développement.

         Dans cet ordre d’idées, les conflits collectifs représentent la forme de violence la plus extrême. Sur ce point, les conflits sociaux sont encore l’apanage de l’Afrique ; tel est le cas des pays comme le Zimbabwe qui est le théâtre d’un conflit social sanglant. En effet, la politique de reforme agraire entreprise par Mr  Robert Mugabé qui, ayant constaté que trois pour cent de la population blanche contrôlait 98% des terres cultivables a décidé d’effectuer une politique de justice sociale destinée à répartir l’espace foncier qui constitue l’une des cause de la criminalité de façon équitable. Sa stratégie consistait à déposséder la caste oligarchique constituée par les blancs des terres pour les rétrocéder aux autochtones Zimbabwéens. Cette opération restitution des terres entreprise par le Président a suscité des polémiques à l’échelle internationale ; celle-ci a été taxée de politique raciste.

         Dans la même perspective, l’histoire nous révèle également le cas de l’apartheid en Afrique du Sud, où la ségrégation raciale fut mise en place par Daniel Malan du parti national Afrikaner en 1948. Il s’agissait d’une entreprise de séparation et/ou d’exclusion des populations noires dans les activités ayant trait aux champs politique, économique et social. Cette ségrégation sociale se manifeste par les massacres et meurtres à l’instar de celui de Soweto le 16 Juin 1976 avec pour bilan officiel 23 morts, 220 blessés ; et tandis que le discours officieux faisant état de 574 morts dont 570 noirs.

         Dans la même mouvance, les conflits ethniques traduisent l’animosité exacerbée entre différents groupes sociaux ; chacun faisant prévaloir son ethnie comme l’ethnie supérieur. Ce type de conflit traduit l’ethnocentrisme hyperbolique qui arrime et nourrit les divers clivages socioculturels quo forment la collectivité globale.

         En effet, cette attitude ethnocentriste se manifeste par le fait que "les individus accordent une importance à certaines choses avec plus ou moins d’intensité selon ce qu’elle donne comme signification à leur propre existence". Ceci étant, la forme la plus empirique de ce comportement conflictuel est le tribalisme. A titre d’illustration de ce type de conflit, nous pouvons citer le génocide Rwandais dont les origines remontent en 1959 à la suite de la chute de la monarchie tutsi. Il s’en suit plusieurs sortes de massacres ; mieux encore un véritable rouleau d’étranglement mis en œuvre par les Hutu dans le but de rayer l’ethnie Tutsi de la nomenclature sociologique et anthropologique du Rwanda. Au Cameroun, ce type de conflit, bien qu’il soit encore à l’état du Lyonnaise, il n’en demeure pas moins qu’il fait surface par intermittente. C’est le cas des affrontements qui ont éclaté récemment à Makénéné dans le Mbam Inoubou entre les Nyokon et les Bamiléké ; les premiers traitant les seconds d’envahisseurs des espaces fonciers don ils sont les propriétaires légitimes.

         Des conflits confessionnels sont quant à eux liés à l’appartenance religieux. Ce type de conflit résulte de l’incompatibilité entre les croyances ; ce qui aboutit inexorablement au rejet réciproque entre les communautés religieuses ; chacune légitimant son refus de coexistence au nom de Dieu. A cet effet, Bouthoul affirme que : « il n’est pas de guerre sans un aspect religieux et rituel (…) La guerre est considérée comme la manifestation de la volonté divine ». Les cas du Soudan et du Nigeria sont représentatifs de ce type de conflit.

         Outre ces conflits collectifs ouverts, force est de souligner que le social est aussi traversé par des conflits latents résultant des interactions entre les acteurs sociaux. En effet, les rapports sociaux sont marqués par des divergences et des antagonismes d’intérêts. Karl Marx admettait déjà que cette opposition d’intérêt se déploie entre les différentes classes sociales. De ce fait, le conflit se présente comme une situation sociale où des acteurs en interdépendance ayant des intérêts soit convergents ou divergents vont s’affronter de façon manifeste ou latente.

         A l’observation, les conflits interpersonnels résultent de la poursuite des buts différents par les membres de la communauté dans la mesure où ils défendent des valeurs qui ne sont pas toujours les mêmes ; et quand c’est le cas, cette poursuite ce fait dans un esprit de compétition qui implique la mise en œuvre des stratégies visibles et invisibles de la part des différents acteurs.

         A cet égard, le conflit peut porter sur la distinction des liens rares tels que le pouvoir qui est l’ultime fin pour les hommes politiques qui rivalisent d’ingéniosité et d’adresse via des stratégies telles le clientélisme politique et le trafic d’influence pour conquérir le pouvoir. Aussi, le conflit peut porter sur l’organisation sociale dans son ensemble à partir du moment où les membres de la collectivité ne savent pas un consensus sur les valeurs, les idées ou les règles du jeu qui gouvernent le système d’interaction dans sa globalité. Il convient également de noter que le conflit résulte aussi de la distribution des biens économiques tels que la terre. Lorsque la répartition des richesses entre les différentes classes sociales est inégale, cette situation créée des frustrations qui peuvent aboutir à l’ascension aux extrêmes. C’est ce type de conflit que Karl Marx a théorisé à travers le paradigme d la lutte des classes entre la bourgeoisie et le prolétariat. La politique de redistribution des terres et la dotation de 51% des richesses générées par les entreprises par le Président du Zimbabwe a le mérite d’annihiler ainsi des conflits résultants de la distribution des biens économiques.

         Dans la même veine, il se dégage également des conflits latents qui opposent et divisent le genre. Il s’agit là d’un véritable dualisme sexuel qui implique des divergences de points de vue dans la gestion des activités, la répartition des responsabilités au sein du manage. Les rapports sociaux étant des relations de pouvoir et d’intérêt, il apparaît que le dualisme sexuel pose de façon latente une dichotomie idéologique qui s’illustre par l’élaboration des catégories sociales faisant étant du monde des hommes d’une parte ; et de celui des femmes d’autre part. en effet, l’observation de la réalité sociale illustre fort bien l’existence de ces conflits microsociaux qui lorsqu’ils ne sont pas latents se manifestent de façon ouverte comme c’est le cas des querelles entre les enfants et leurs parents ; le beau fils poursuivit finalement par les parents de sa copine pour une histoire de grossesse ; l’opposition entre tradition et modernité. Le conflit n’est-il pas une anomie sociale ?

 

3- Le conflit comme une anomie sociale ?

        La notion de conflit fait place à un vaste dysfonctionnement tant national qu’international. Tout comme le crime chez Emile  Durkheim, nous pouvons postuler que le conflit est également un « fait social normal » car il s’agit d’un phénomène inhérent à la nature humaine. Il est omniprésent dans toute forme de société ; même de façon symbolique comme c’est le cas dans l’imaginaire collectif des catholiques dont le mythe de la rédemption illustre le combat qui oppose Dieu à Satan ; lequel s’achève par la victoire du premier. Ainsi, G. Balandier récusant l’idée selon laquelle les sociétés africaines sont des sociétés à historiques dénuées de tension montre que ces sociétés sont aussi marquées du sceau des conflits et des oppositions sociales qui se laissent voir par la médiation des mythes et cosmogonies de la violence fondatrice qui montrent que la société naît à partir d’un cercle de violence qui oppose les Dieux ou les héros ; lequel s’achève par la victoire du Dieu ou du héros fondateur du monde humain. Il appert de ce fait que, le conflit est le produit de déterminismes sociaux découlant logiquement du fonctionnement de la société. De ce fait, le conflit serait au sens durkheimien, classé parmi les phénomènes sociaux normaux en ce sens qu’il permet l’expression de la contrainte sociale et la consolidation de la légitimité des normes et des valeurs (la morale). Dès lors, le conflit dans cette perspective apparaît revêtir un caractère régulateur. Il s’agit donc d’un facteur de la santé publique, une partie intégrante de toute société saine d’après Durkheim.

         A contrario, le conflit devient nocif et par conséquent pathologique sitôt qu’il est exacerbé et conduit à des destructions matérielles et humaines comme c’est le cas dans différents foyers de tension dans le monde. Le conflit en tant que manifestation de la violence apparaît ainsi comme une déviance ; mieux comme une pathologie sociale ; d’où l’analyse des processus conflictuelle et leurs conséquences par la polémologie entendue comme la sociologie des conflits, dans l’optique de les comprendre et de les expliquer afin de les prévenir et les résoudre. Cette situation pathologique extrême qui a libre cours dans le monde nous amène donc dans le cadre de cette réflexion à envisager des méthodes de résolution des conflits excluant la violence pour une sortie de crise pacifique via des méthodes plus humaines.

 

II- METHODES DE RESOLUTION DES CONFLITS

        En résolution des conflits, on cherche d’abord à réaliser les objectifs des parties en cause et à surmonter les obstacles de manière à aboutir aux meilleures décisions possibles pour elles. Ainsi, nous pouvons distinguer trois méthodes de résolution des conflits à savoir : la négociation, le conformisme et l’innovation.

 

1- La négociation

        La négociation est sans doute le mécanisme de résolution de conflit le plus ancien et le plus répandu. La négociation peut se définir comme un processus de règlement consensuel bilatéral ou multilatéral des différends qui repose sur la discussion (Jean H. Gagnon, Réussir par la négociation, page 21). La négociation est aussi un processus par lequel des personnes ou des groupes aux intérêts divergents tentent par des séries d’échanges de vue, d’entretiens, de pourparlers et de démarches, de parvenir à un accord qui sera mutuellement bénéfique dans le règlement d’une affaire. Ainsi, la négociation apparaît comme un mode autonome de règlement des conflits. Elle se distingue du procès en ce qu’elle est la recherche d’une solution mutuellement satisfaisante pour les parties. Dans la mesure du possible, la négociation doit dépasser le simple marchandage pour devenir un acte créateur où chaque partie y trouvera son compte. En effet, nous avons recensé deux types de négociations :

 

a- La négociation traditionnelle

Dans la méthode traditionnelle, on cherche un équilibre entre la compétition et la collaboration. La  compétition nous fait agir de façon à ce qu’on n’abuse pas de nous sans toutefois faire déraper le processus, alors que la collaboration nous fait mettre "de l’eau dans notre vin" pour faire progresser le processus. La majorité des gens adoptent une de ces deux approches et la méthode de négociation fréquemment rencontrée se déroule de la façon suivante :

La prise de position ;

L’annonce de la position à l’autre partie ;

La mise en garde des conséquences d’un refus, d’un désaccord ;

L’analyse des conséquences du refus de l’autre partie ;

Les échanges, les compromis, faute de quoi ;

Le recours à des tiers pour la prise de décision.

Cette approche traditionnelle au règlement de conflit est linéaire et les solutions seront plus près selon l’habileté des négociateurs.

b- La négociation raisonnée

        La négociation raisonnée basée sur les intérêts, constitue une des méthodes privilégiées de négociation dans le cadre des modes substitutifs de résolution des conflits. La négociation raisonnée encore appelée négociation sur le fond, négociation basée sur les intérêts ou méthodes gagnant/gagnant est fondée sur la coopération. Elle a été mise au point par les professeurs Fisher et Ury de Harvard. Ces derniers décrivent ainsi cette méthode : « elle consiste à trancher les litiges sur le fond plutôt qu’à discutailler interminablement des concessions que les parties en présence sont prêtes à consentir et de celles qu’elles refusent. Chaque fois que c’est possible, on s’attachera à rechercher les avantages mutuels, et quand les intérêts seront manifestement opposé, on insistera pour que les questions soient tranchés au regard d’un ensemble de critères « justes », indépendants de la volonté des parties en présence. La négociation raisonnée permet d’être dur quant aux questions débattues mais doux avec les négociateurs eux-mêmes.

         Cette approche minimise la notion d’adversaire au profit d’efforts concertés pour régler les questions ou litige. De cette façon, les parties explorent toutes les possibilités de solution sans risquer de perdre la face.

         La négociation raisonnée repose sur quatre principes fondamentaux. Le premier principe consiste à isoler le différend des personnalités c'est-à-dire de traiter séparément les questions de personnalité et le différend. Le différend survient lorsque les besoins, les valeurs ou les points de vue sont différents. Selon le deuxième principe, il importe d’amener les parties à se concentrer sur les intérêts en jeux et leurs besoins plutôt que sur les positions. Le troisième principe consiste à recherche les options. Ainsi, les parties cherchent à imaginer des solutions procurant un bénéfice mutuel et susceptible de satisfaire leurs intérêts. Et dans le quatrième principe, il est conseillé d’utiliser des critères objectifs c'est-à-dire des valeurs indépendantes de la volonté et de l’influence des parties pour évaluer ces options dans le but d’arriver à reconnaître une solution juste aux yeux des deux parties.

 

 

2- Le conformisme

        Selon Réne Mucchielli, le conformisme est l’attitude sociale qui consiste à se soumettre aux opinions, règles, normes, modèles qui représentent la mentalité collective ou le système des valeurs du groupe auquel on a adhéré » et à les faire siens. Ce processus largement étudié en psychologie sociale correspond à un changement d’opinion, de comportement ou même de perception des individus, que l’on observe dans des situations de pression sociale ou d’influence. Autrement dit, ce processus est celui de l’influence des opinions, comportement, perceptions une majorité sur une minorité. Et ceci au niveau de toutes les formes de communautés.

         En psychologie, Asch explique les raisons du conformisme d’un sujet ou d’un groupe de sujets : ce serait pour éviter d’une part le confit et éviter d’être rejeté par la majorité. Ainsi, les parties en conflit peuvent résoudre leurs différends en s’appuyant sur leurs valeurs, les normes, sur l’ensemble des considérations éthiques et morales devant régir et orienter leurs comportements subjectifs. Ce dispositif sociétal permet donc à harmonier les relations entre les individus, les groupes, les peuples et les nations.

 

III- LES MOYENS DE RESOLUTION DES CONFLITS

1- Les ressources humaines

        Elles constituent le point convergent de tous les antécédents du conflit ; puisque le conflit commence par elles, se manifeste sur elles, devrait aussi pouvoir être limité par elles. En effet si l’on admet que la population constitue le point focal du conflit, elle doit participer de la conception et de l’évaluation des méthodes de résolution.  Les  groupes de personnes concernés devraient pouvoir prendre conscience des éventuelles exactions liées au conflit s’il est poussé à l’extrême puis avoir la volonté d’y mettre fin. Elles doivent ainsi s’approprier la méthode pour sa viabilité et sa fiabilité, leur seule volonté constitue une solution de sortie de crise. Ces entités collectives concernées devront ainsi être  capables d’envisager toutes les démarches possibles pour mettre fin du conflit en usant par exemple du statut et de la fonction de chaque acteur pour lui attribuer un rôle dans ce processus. Ainsi, dans le cadre des conflits d’ethnicité par exemple les chefs des communautés doivent pouvoir impliquer activement leurs populations dans des démarches entreprises. De même, pour le cas des conflit inter personnels, si les acteurs ou les protagonistes n’ont conscience des enjeux du conflit, rien n’est possible ; d’où la nécessité d’une éducation polémologique des mentalités. La population constitue donc la pièce maîtresse et incontournable pour la concevabilité et l’applicabilité des méthodes de résolution des conflits.

 

2- Les institutions

        Les institutions constituent un moyen de mise en œuvre d’un certain nombre de procédés dans la résolution des conflits en société. Elles sont conçues pour régler les conflits sans recourir à la violence grâce à une action forte positive. Pour cela, un système juridique fiable doit être élaboré, l’objectif étant de créer les infrastructures locales, nationales et internationales au service de la stabilité. Ces dernières doivent faire appel à différents intervenants et acteurs du conflit qui ont divers rôles a jouer concernant l’élimination des sources de tension et renforcement des infrastructures. De ce fait, la résolution des conflits de façon efficace et pacifique nécessite donc pour une grande part la mise en œuvre des institutions fortes qui garantissent et sauvegardent les intérêts mondiaux. En effet, la communauté internationale organisée autour des Nations Unies doit se doter des institutions ; entendues comme des mécanismes de régulation des rapports inter étatiques plus forts, lesquels défendraient véritablement les intérêts des différentes entités étatiques membres de cette organisation. Or, nous  observons malheureusement que cette organisation loin de défendre les intérêts communs pour une coexistence pacifique entre les états, contribue plutôt à l’amplification des conflits dans l’optique de la préservation des intérêts des grandes puissances telles que les Etats-Unis, la France et l’Allemagne ; car comment comprendre l’intervention de la coalition France – Etats-Unis en Libye aujourd’hui ? Il faudrait d’avantage que cette institution face preuve d’une attitude fondée sur l’objectivité, la neutralité et la responsabilité pour une résolution pacifique des conflits dans le monde.

         Dans le cas de l’Afrique, ce problème se pose aussi avec acuité en ce sens que les institutions républicaines ne promeuvent pas la consolidation de la conscience nationale. Cette situation s’illustre fort bien à travers la constitution du Cameroun dont l’élaboration laisse encore voire des catégories telles que « allogène » et « autochtone » ; lesquelles constituent une véritable pierre d’achoppement sur laquelle bute le projet de construction de l’unité nationale.

         Par ailleurs, au niveau des conflits inter sociétaux, la famille devrait se constituer en conseil de discipline pour réorienter les objectifs des différentes parties. Une telle entreprise doit pouvoir tenir compte des réalités sociologiques dans l’exercice de sa fonction.

 

3- Les moyens financiers

        Elles concernent les fonds alloués pour mobiliser les acteurs dans le processus de résolution des conflits. Leur importance n’est plus à démontrer : les allez et retour, les compensations des dépenses ou encore les dédommagements, tout ces éléments passent par des financements colossaux. En effet si la plupart des conflits tirent leur fondement de quête d’intérêts, les finances sont au centre de la plupart de leur résolution.

         Dans un premier temps, les moyens financiers entrent en jeu dans le déplacement non seulement des acteurs en conflits mais aussi des médiateurs. C’est dans ce sens que l’on pourrait noter de nombreuses dépenses dans le budget de la  République de Côte d’Ivoire lorsqu’il fallait assurer le déplacement des négociateurs pour siéger autour de la question ivoirienne. Plus proche de nous encore, les multiples voyages du président Paul Biya et de sa délégation à la Cour  Internationale de Justice dans le cadre du règlement du conflit Cameroun Nigeria requièrent de nombreuses dépenses. Ainsi, que se soit des missions spéciales des experts et observateurs nationaux et internationaux ou encore de la mobilisation des institutions habilitées, tout ces éléments mis ensemble permettent de mettre en évidence l’importance des moyens financier dans la résolution des conflits.

         Outre ce fait, dans le cadre des conflits guerriers déjà manifeste qui donnent lieu à des destructions et à des hécatombes, leur résolution implique une mobilisation considérable des moyens financiers dans la mesure où il faille revenir à la situation de départ c'est-à-dire remplacer ce qui a été détruit.            

 

CONCLUSION

        Parvenu au terme de cette investigation où il était question de présenter les différentes méthodes et moyens de résolution des conflits, le travail a consisté dans une analyse conceptuelle, non seulement à faire une sociogenèse du conflit, mais aussi à repréciser de façon plus rigoureuse les différentes méthodes et moyens non violents par lesquels il serait possible de mettre fin ; tout au moins de limiter le conflit en société. Il a été question  dans ce travail d’insister notamment sur les négociations et le conformisme comme grille d’analyse et d’explication fondamentale donnant lieu ou constituant des alternatives non violentes pour la résolution des conflits. Lesquelles méthodes ne sauront prendre corps qu’a la suite d’une implication active des populations et des institutions. Ainsi, le conflit, loin d’être une fatalité ou encore l’apanage des sociétés conflictogènes, apparaît plutôt être une construction sociale ; par conséquent, il revient à l’animal politique qu’est l’homme d’œuvrer à la construction d’une humanité plus solidaire comme le préconise  Monsieur Paul Biya dans son ouvrage Pour le libéralisme communautaire, malgré les divergences d’intérêts ; ceci par la promotion des moyens plus humains dans la résolution des antagonismes en vue de maintenir un environnement équilibré et profondément marqué par la paix. Dans cette dynamique, y a-t-il des raisons d’espérer que l’Afrique se débarrassera un jour du démon de la guerre qui la hante et vivre des lendemains meilleurs ?


 

                                  par simon landry minkeng,MASTER EN SOCIOLOGIE POLITIQUE,+237 76317317

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le conflit doit etre regler dans une societe par des moyens de resolution pacifique
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